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no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow.

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Wu Yin Yue
KATHARSIS ▲ BETA
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MessageSujet: no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow. Mer 13 Fév - 15:44


ghost whisperer.



ohtaejun&wuyinyue.

Treize Mai Deux mille Quarante-Neuf;
Après-midi.



“Alice didn't think that proved it at all; however, she went on: 'And how do you know that you're mad?'
'To begin with,' said the Cat, 'a dog's not mad. You grant that?'
'I suppose so,' said Alice.
'Well then,' the Cat went on, 'you see, a dog growls when it's angry, and wags its tail when it's pleased. Now I growl when I'm pleased, and wag my tail when I'm angry. Therefore I'm mad.'
'I call it purring, not growling,' said Alice.”




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Wu Yin Yue
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MessageSujet: Re: no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow. Mer 13 Fév - 16:37

“Terror made me cruel . . .”


Tout est noir. Ou blanc. Je ne sais pas. Je n'y vois pas. Comment le pourrais-je ? Le néant m'entoure, je ne sens plus rien, je ne vois rien. Il n'y a pas de bruit, pas d'odeur. Plus rien. Mes cinq sens m'ont été retirés. Est-ce la nuit ? Ou le jour ? Suis-je debout ? Ou assis ? … Je ne comprends rien. J'aimerais porter mes mains à mes tempes, mais je ne sais même pas si j'arrive à les bouger. Je ferme les yeux avec force si bien que mon cerveau me fait mal. Ça me brûle. Ma tête cogne et j'ouvre la bouche pour crier – mais rien ne sort. Aucun son ne daigne franchir mes lèvres. Suis-je mort ? Suis-je à l'agonie ? Je ne me rappelle plus ce qui s'est passé dans mon sommeil. Ai-je été tué ? … Ou, minute, je dors encore … ?

Un verre d'eau glaciale me tira rapidement de mes songes et j'ouvris les yeux en me relevant assis d'un coup. À ma droite, une jeune femme que je ne reconnaissais pas bien à cause de ma vue. Elle parla et il me fallut un certain temps avant de comprendre ce qu'elle disait. Que j'utilisais trop mon don, ces temps-ci, que j'allais réellement finir par être aveugle. J'opinai silencieusement. Cette voix, cette sensation maternelle, cette odeur … Kim Yoohee. Je ne savais pas vraiment ce qui lui prenait ces derniers temps, mais depuis mon arrivée, elle avait tendance à me prendre un peu pour son gosse, à me materner – enfin, c'est ce que j'entendais quand les autres parlaient entre eux. Qu'elle agissait en mère poule avec pratiquement tout le monde. Ce n'était pas exactement comme si je savais ce que c'était qu'avoir une mère. De ce fait, je reprenais bêtement les expressions d'autrui. Yoohee, mère de substitution. Si cela me plaisait ? Je ne savais pas vraiment. L'habitude d'être entouré d'une chaleur amicale n'ayant jamais frappé mon être avant elle. On ne pouvait pas exactement dire que cela me déplaisait non plus. Mais il y avait des moments où j'aurais voulu qu'elle me laisse tout seul – d'autres où j'attendais qu'elle vienne vers moi sans la voir. Prochaine étape de ma sociabilisation : la communication … et l'apprentissage d'une langue universelle afin d'éviter d'écrire un dictionnaire de ma propre langue. Elle quitta les lieux sans que je ne m'en rendes compte, trop absorbé à essayer de discerner les formes qui se dessinaient sous mes yeux. Cette cécité commençait assez sérieusement à peser sur ma conscience. Je devais arrêter de l'utiliser – mais, au final je me sentais beaucoup trop faible si je ne pouvais pas en faire usage. J'étais enfermé dans un cercle vicieux. L'utiliser et perdre ma vue, mais rester fort. Conserver mes yeux et récupérer les bases du combat au corps à corps … Mais si je devenais aveugle, je ne serais plus jamais capable de regarder quelqu'un dans les yeux et le faire se tordre de douleur, n'est-ce pas ?

… N'est-ce pas ?


Je soupirai, me levai en titubant et essayai de me diriger à l'aide des différences d'ombres et les nuances de lumières. Mes pieds touchèrent le sol et je gardai mes bras vissés sur mes cuisses. Je ne devais pas montrer que ma vue faiblissait. Personne autre que Yoohee ne devait le savoir. Ils devaient continuer à croire que le premier qui s'en prendrait à moi finirait sur le sol. Ils ne devaient pas savoir que j'étais le plus faible de notre race. Je gardai les yeux grands ouverts, clignai de temps à autre, et me mêlai aux autres mutants. Mutants … quel mot franchement dégradant. Mais qu'étions-nous d'autre ? Des monstres ? … Des expériences ? Des erreurs de la nature ? Super. Franchement génial. T'en penses quoi, Yinyue ? Je levai mes yeux aveugles vers la personne qui m'avait parlé et secouai négativement la tête. Ils essayaient de me faire participer, mais je ne parlai pratiquement jamais. Ou disons que cette malédiction que je me traînais m'empêchait de rationnellement penser que j'avais le droit de me mêler aux gens. Qu'ils ne mourraient pas, comme tous les autres. Je sentis une main se poser sur mon épaule, et vu la douceur avec laquelle le revers de ses doigts caressaient mes joues, je devinai rapidement qu'il s'agissait de Shinli. Elle s'assit à côté de moi. Elle avait deviné. Elle savait pour ma cécité grandissante et me proposa d'aller me recoucher. Elle n'avait peut-être pas tort. Habituellement avec un peu de repos, cela me passait.

Mais alors, pourquoi mes heures de sommeil n'avaient rien arrangé ?


Je haussai les épaules et elle attrapa mon poignet, me tirant derrière elle alors que je butai contre un caillou jonché sur le sol. Elle me soutint et je l'entendis soupirer. J'avais beau être plus vieux qu'elle, ces derniers temps elle était celle qui prenait soin de moi plus que je prenais soin d'elle. Et c'était très gênant, alors que je m'étais promis à moi-même de veiller sur elle, puisque j'avais été incapable de le faire pour son grand-frère. Je m'arrêtai subitement de bouger, les yeux écarquillés, le souffle coupé. Elle s'arrêta à son tour, se tourna vers moi et posa une main sur mon épaule. Elle voulu me demander ce qu'il y avait mais je la dégageai d'un geste doux et sévère à l'aide de ma main. Joongshi. Une boule commença à se former dans ma gorge et je baissai la tête, avançant aveuglément vers ce qui semblait être mon lit. Shinli me suivit à grandes enjambées. Elle ne posait pas de questions, elle n'osait même pas parler, sachant que je resterais enfermé dans mon silence jusqu'à ce que je veuille bien aller vers elle. Mes tibias tapèrent droit dans le squelette du lit et je grognai de douleur par réflexe. Elle me fit m'allonger et je l'attirai avec moi. Elle avait besoin de repos aussi. C'était un ordre de ma part, disons. Elle se colla contre moi et c'est en caressant tout doucement son dos et respirant sa chevelure que je finis par m'endormir. … Quelle stupide erreur.

Je rêve encore, je le sais parce que je vois à la perfection, cette fois. Je suis de nouveau de retour dans le laboratoire que j'ai quitté il y a quelques années. Dans la pièce circulaire où Shinli et moi étions supposés nous battre l'un contre l'autre. Je me souviens de ce jour comme si c'était hier. Joongshi venait de mourir et on avait menti à cette petite fille. Elle avait tellement tapé sur mon torse que du sang avait commencé à se montrer sur ses mains et sur moi. Cette fois, c'est différent. Elle n'est pas là. Ni moi. Je suis là sans l'être. Je suis un fantôme assis sur une table de la salle. Je n'arrive pas à bouger, parce que je n'en ai pas envie et parce que je sais que je suis dans une des nombreuses fantaisies de mon cerveau. Il me joue encore des tours. C'est évident. Il suffit que je tourne la tête … et elle est là. Shinah. Je la vois toujours à son bas âge. Elle a toujours dix ans, dans ma tête. Elle a toujours un filet de sang tatoué sur le coin de ses lèvres. Celui que je lui avais provoqué, à l'époque. Elle sourit. C'est un fantôme aussi. Elle ne peut pas être là, parce qu'elle est morte. Elle vient souvent me voir. Et elle m'aide. Cette gamine était tellement énigmatique. Elle l'est encore. Elle porte le seau de ma culpabilité, les empreintes de mes crimes. Elle me rappelle chaque jour qui je suis, m'empêche de sombrer davantage dans la folie. Elle me fait garder la tête froide.
Pourquoi ?
Elle pointe du doigt le milieu de la salle et il y a subitement dix gamins perdus. Leurs vêtements sont aussi sales et déchirés que l'étaient les miens à cette époque. Ils ont tous perdu cette lumière qui est supposée briller dans tous les yeux des enfants. Ils sont inanimés. Des pantins. Une grande voix résonne. On leur ordonne de se battre. Ils se regardent entre eux, confus au début, et cela devient rapidement un bain de sang. J'ai envie de crier pour qu'ils arrêtent, j'ai envie de me lever – mais je n'y arrive pas. Shinah est à côté. Je la regarde et au fur et à mesure qu'ils se battent ensemble, elle se met à saigner. Ses bras s'ouvrent tout seul, ses genoux sont profondément écorchés. J'entends le craquement de ses os et son dos s'arque. Elle a la bouche grande ouverte, le visage vers le plafond, ses yeux sont fermés avec force et de vigoureuses larmes roulent sur ses joues. Je n'entends que les cris des gosses, pas les siens. Du sang. Encore du sang. Tout est rouge. Je l'appelle mais elle ne répond pas. Elle se courbe de douleur dans tous les sens, tombe sur les sol et m'appelle à l'aide. Je ne peux pas bouger, je n'y arrive pas. Et puis plus un bruit. La horde de gosse dont la moitié des membres a été arraché se tournent vers nous deux et semblent prendre compte de notre présence. Ils s'avancent, la tête penchée, les yeux empreints d'une lueur maléfique. Ils sourient de cet air inhumain et sadique. Il faut que je partes, il faut que je m'en aille. Maintenant.

De nouveau, j'ouvris les yeux et ma respiration me fut coupée pour de longues secondes pendant lesquelles mes yeux exorbités fixaient le plafond. Je repris conscience et tournai la tête sur le côté. Shinli ? Je fronçai les sourcils. Pas là. Je m'assis et relevai les yeux en voyant une autre silhouette. Non … Ce n'est pas elle. Je n'y vois … pas.

« Qui es-tu ? » demandai-je, sèchement.
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Oh Taejun
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MessageSujet: Re: no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow. Mer 13 Fév - 21:03



– Aide-le !– –Que j’aide qui– –YinYue !– Comment j’en suis arrivé là ? Être au chevet d’un jeune homme que je ne connais même pas ? A cause d’une petite fille qui veut que j’aide ce jeune homme en question. Après tout, c’est un Katharsis, je peux bien faire ça pour lui-même si je ne sais pas trop comment m’y prendre moi, je n’ai jamais aidé quelqu’un qui ne m’avait rien demandé ou qui n’était pas dans une position de grand danger. Là, je vais entrer sans sa vie privée quand même, ce n’est pas rien. Vous savez, moi à part quelques personnes, je n’aime pas la compagnie des gens tant que ça. En même temps normal vu que je suis tout le temps entouré des voix des morts. Je peux vous dire que ça donne envie de faire une pause, de rester au calme et de n’entendre personne. Sauf que voilà, cette petite fille qui est morte me demande de l’aider alors je vais l’aider.

La journée commençait bien pourtant. Enfin bien, je veux juste dire que rien d’anormal ne se passait. Depuis qu’il y a eu ce problème dans la plaque de la salle de cinéma, que je me suis blessé et que Yeongmin s’est occupé de moi de façon très… particulière, je passe pratiquement toutes mes nuits chez lui. Bon ok, ce n’est pas super, méga pratique parce que du coup, je suis obligé de me lever plus tôt le matin pour faire ce qu’on me demande de faire dans le camp, mais bon, c’est un sacrifice à faire. Franchement, qu’est-ce que ça peut faire de se lever une demie heure plus tôt si c’est pour avoir passé la nuit dans les bras de la personne que vous aimez ? Jamais je n’avouerais à voix hautes à quelqu’un d’autre que Yeongmin que je l’aime. Tout d’abord parce que c’est ma vie privée et que ça ne regarde que lui et moi et qu’en plus, je suis plutôt pudique dans mes sentiments. Mais c’est surtout que je ne veux pas qu’on s’en prenne à lui pour me faire du mal. Je veux dire, si je me fais attraper par le gouvernement et qu’ils savent que Yeongmin est tout pour moi, ils risquent de le capturer et de le torturer pour me faire craquer. Je ne veux pas livrer tous mes camarades à la mort, mais jamais je ne pourrais le voir souffrir, surtout par ma faute.

Bref, je me suis donc levé ce matin dans les bras de Yeongmin. Je suis parti en douceur comme tous les matins pour ne pas le réveiller. C’est moi qui fait le choix de continuer à travailler avec le clan Omega, il n’a pas à en subir les conséquences même s’il m’aime. Je veux dire, je ne veux pas qu’il fasse des concessions pour moi. Je sais qu’il serait prêt à le faire pour moi, venir habiter au clan Omega avec moi, vivre en communauté. Il le ferait parce que je sais qu’il m’aime, mais je ne peux pas lui demander ça. Je ne peux pas lui demander de se lier aux destins d’autres personnes. Ce n’est pas ce qu’il veut et je ne veux pas l’arracher à la vie qu’il m’aime. Alors pour l’instant, ça fonctionne comme ça. Alors oui, peut-être qu’un jour je serais fatigué de faire des allers retours entre chez lui et le camp, mais pour l’instant, ça ne me dérange pas.

Toujours est-il que ce matin, quand je suis arrivé au camp, on m’a demandé de délivrer un message au leader Beta alors je me suis rendu dans le camp voisin. Bien sûr, nous utilisons la technologie, mais on ne sait jamais vraiment ce que le gouvernement peut intercepter grâce aux ondes et tout, du coup, quand il y a des messages vraiment confidentiels, c’est moi qu’on charge de les délivrer. Enfin, pour le camp Omega du moins. Moi j’aime bien, ça me permet de créer des liens. Et puis, maintenant, je peux survivre à peu près partout en ville, je m’y connais très bien.

Enfin, à l’heure actuelle, ce n’est la ville qui m’intéresse, mais le camp Beta. Une habitation du camp Beta en fait. J’avais l’intention de voir un peu ce qu’il se passait dans le camp avant de rentrer pour confirmer à Daehyun que le message était passé, mais j’ai été interrompu par la voix d’une petite fille en passant devant cette habitation. Celle devant laquelle je me tiens et où la demoiselle me pousse à entrer. Je fini par me laisser convaincre et j’entre avant de trouver la personne qu’elle veut que j’aide. Un jeune homme. Très mignon et qui a vraiment l’air de souffrir dans son cauchemar. Je m’apprête à le secouer pour le réveiller mais il se réveille de lui-même. On dirait qu’il ne me voit pas.

« Doucement… Je ne te veux aucun mal j’ai juste… »


Je pousse un profond soupire. Pourquoi je suis entré ici moi ? Je m’assoie à ses côtés en gardant quelque peu mes distances, la main prête à dégainer mon poignard au cas où.

« Shinah… Elle m’a demandé de t’aider… »


Je sens que cette histoire ne va pas être simple encore…



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Wu Yin Yue
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MessageSujet: Re: no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow. Jeu 14 Fév - 0:34

“I find it kinda funny,
find it kinda sad.
the dreams in which I'm dying
are the best I ever had.”


La silhouette floue de ce garçon me forçait à faire des efforts. Est-ce que je le connaissais ? Aucune idée. Un bêta ? Pas vraiment. Je reconnaîtrais son odeur. Ou sa voix. Mais là … Rien du tout. Je me crispai sur mon lit, mes doigts enserrant mes couvertures au point que mes articulations blanchirent. C'était bien ma veine. Tomber sur un inconnu le jour où ma cécité décide de se faire plus violente que jamais. Je fixai un point au hasard de son visage, essayant de trouver ses yeux mais probablement que j'étais à côté de la plaque. Ma respiration s’accéléra sans que je ne m'en rende réellement compte et j'essayais de faire le moins de bruit possible au cas où je puisse entendre quoi que ce soit de suspect. Forçant sur mes pupilles, j'espérais que ma vue daigne s'adapter. Promis, Dieu quelconque, je n'userais pas de ce pouvoir. Ou pas de manière abusive, du moins. Par pitié, redonne moi ma vue. Mon cœur battait plus rapidement que d'habitude. Aux aguets. À l’affût d'un moindre mouvement suspect de sa part. Il s'assit finalement à côté à moi et dès qu'il avait commencé à se mouvoir, mes bras s'étaient mis à trembler. Attaquera, n'attaquera pas ? Sa voix me guida et je tournai mon visage plus ou moins en sa direction. Il avait beau parler, il n'avait pas répondu à ma question. Shinah ? … Shinah, comme ma Shinah ? Impossible. N'était-il pas un scientifique étrange qui essayait de gagner ma confiance pour me renfermer quelque part ? Et les autres ? Où étaient les autres ? Je grinçai des dents sans m'en rendre compte tant ma mâchoire s'était crispée.

« Ma question. » articulai-je doucement, souhaitant toujours garder mon ouïe plus ou moins intact en cas de mouvements trop rapide. Que j'ai le temps de m'enfuir. Me battre dans cet état ne serait que pure folie. « Tu n'as pas répondu. »

J'ignorai le fait qu'il ait parlé de Shinah. De la mienne. Il ne pouvait pas la connaître. C'était impossible. Je tendis doucement la main vers lui, cherchant à tâtons sa peau. Après tout. Il me parlait d'elle. Mais elle était décédée il y avait de cela des années. Et personne ne pouvait la connaître. Ou du moins savoir que j'avais un lien avec elle. Alors la seule explication que je trouvais était le fait qu'il ne pouvait être nulle part autre que dans ma tête. Peut-être étais-je encore en train de dormir. Peut-être hallucinai-je simplement. La pointe de mes doigts frôla sa jambe et je sursautai en étouffant un hoquet. Il était réel. Je fronçai les sourcils, tapotant sur son bras et remontant jusqu'à ses épaules. Damn, je ne rêvais pas. Me rendant compte de l'étrange de la situation je retirai ma main et la laissai dans les airs. Un grognement mécontent retentit dans le fond de ma gorge et je massai mes tempes. C'était tellement désagréable de ne plus voir.

« Comment la connais-tu ? » je soufflai, les dents serrées. « C'est impossible. »

Je levai les yeux vers lui entre mes doigts et constatai avec un certain soulagement que ma vue commençait à s'adapter. Tout était encore flou mais c'était bien plus net. Quelques secondes défilèrent et j'y vis plus clair. À commencer par les couleurs, sa chevelure brune m'apparaissait – et sa taille surtout. Plus grand que moi. Je fermai les yeux encore quelques instants, j'allais recouvrer ma vue bientôt. Je lui demandai d'attendre quelques instants, doucement. J'étais sur mes gardes tout à l'heure et voilà qu'à présent je commençai à me détendre et à garder les yeux fermés à côté de lui. En admettant qu'il me voulait du mal, ce n'était pas exactement la bonne chose à faire. Mais si Yoohee avait été une parfaite inconnue qui m'avait aidée à me sortir des ténèbres qui m'entouraient – pourquoi me voudrait-il du mal ? Pourquoi pas, non plus ? Il disait connaître Shinah. Il était peut-être quelqu'un de sa famille qui venait m'assassiner pour l'avoir tuée. Peut-être pas. La douleur dans mes nerfs optique s'estompa légèrement, et j'ouvris de nouveau les yeux, mes pupilles redevenues normales. Enfin. Je fixai le jeune homme. Jamais vu. Pourquoi était-il assis sur mon lit, d'ailleurs ? Quel sans gêne. Mes sourcils se froncèrent tout seul. Peut-être l'avais-je déjà croisé une fois ou deux en y regardant de plus près. Sa face me disait vaguement quelque chose – vaguement. Si je l'avais déjà croisé, cela signifiait ni plus ni moins qu'il était anormal, lui aussi. Mais Shinli ? Où était-elle partie ? Avait-elle disparu par sa faute ? Je plissai les yeux. Je me levai un peu trop rapidement. Ma tête tourna et j’essayai de me rattraper – en vrai. Ma main envoya un bibelot valser sur le sol et le verre se brisa. Le bruit me perça les oreilles et je perdis l’équilibre, posant mes deux mains à plat contre le mur. Je haletai. Ma condition physique n’était plus acceptable, il fallait que je fasse quelque chose. Ma vue se troubla de nouveau et je jurai intérieurement. Douleur passagère. J’appuyai mon dos contre la paroi de brique et posai mon regard sur le jeune homme. Il devait me prendre pour un fou. Il devait se dire que j’étais complètement taré – était-ce le cas ? Peut-être un peu. Je n’en savais rien. Je ne m’en souciais pas. C’était pitoyable de se présenter à quelqu’un dans cet état si pathétique. Je ne tenais même pas debout. Tu parles d’un mutant. Finalement, cet homme qui avait participé à me donner la vie avait peut-être raison, je n’étais rien de plus qu’un incapable déchet. Ma tête, trop lourde pour moi, tomba et tapa contre mon torse. Douleur électrisante à la nuque. Un faible rire moqueur s’échappa de mes lèvres. Pauvre type. Incapable.
Pourquoi exactement suis-je encore en vie, déjà ?

« Crois-tu qu’il y ai une place pour nous, dans ce monde ? » demandai-je à haute voix, n’attendant pas spécialement de réponses de sa part, même si je lui adressais la parole. « As-tu déjà tué quelqu’un ? » Je m’arrêtai, relevai le visage vers lui et transperçai ses pupilles des miennes. Non, mon but n’était pas de l’impressionner ou quoi que ce soit. « Je me sens sombrer dans la folie un peu plus chaque nuit parce que, elle … » Je pointai un point au hasard sur lui. « … me rappelle qui je suis. »
Ramassis de parole incompréhensibles pour lui, probablement. A vrai dire, je ne savais pas exactement moi-même ce que j’étais en train de faire. Le faire fuir. Le faire sortir d’ici. Je n’étais pas fréquentable. Je n’avais pas besoin d’aide. Non. J’avais évidemment besoin d’aide. Mais il ne fallait pas qu’il s’implique. C’était mieux pour lui. Autant lui annoncer la couleur avant qu’il décide d’écouter Shinah. Comment pouvait-il d’ailleurs l’écouter ? Même s’il voyait les morts, elle ne pouvait pas m’avoir suivi toutes ces années. Douze ans. L’idée qu’elle soit restée était insensée. Bien plus encore que l’idée qu’elle apparaisse chaque soir dans mes rêves. Etait-ce une réelle fantaisie de mon cerveau ? Où voyais-je réellement son fantôme dans mes songes ? À voir. Je n’étais mentalement pas prêt à accepter qu’elle puisse me suivre n’importe où, mais en y regardant de plus près, c’était pas beaucoup plus fou que le fait que je passe mes nuits à rêver d’elle. Finalement, je laissai tomber mon expression plus ou moins dure pour en adopter une bien plus triste. Je ne m’en rendis pas exactement compte sur le coup, faute de quoi j’aurais changé immédiatement. Mes sourcils se froncèrent d’une manière qui ne m’allait pas. Des rides apparurent sur mon front. Mes yeux n’exprimaient rien autre que de la peine. Je n’avais jamais réussi à comprendre. Pourquoi m’avait-elle remerciée le jour où je l’avais torturée à mort ? Pourquoi restait-elle à mes côtés ? Je pensais que mon cerveau cherchait à me rassurer en m’imaginant une Shinah qui ne voudrait que mon bien et qui saurait que je n’avais jamais voulu lui faire du mal. Et maintenant qu’elle était peut-être possiblement vraiment avec moi depuis tout ce temps, hantant mes rêves et mon être, j’avais peur d’apprendre que la vérité était, en fait, tout autre.
« Tu la vois vraiment? » demandai-je, brisé.
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Oh Taejun
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MessageSujet: Re: no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow. Jeu 14 Fév - 15:03



Oui, je suis entré chez lui comme ça, sans prévenir, sans même en avoir le droit. Pourquoi ? Parce que la petite fille me l’a demandé. Je sais bien que si elle n’était pas morte, elle aurait grandi et qu’elle serait certainement un peu plus vieille que moi, mais pourtant, quand j’entends sa voix, je ne vois que la petite fille quand je la visualise. Une petite fille qui a été perdue pendant un temps, mais qui je crois, s’accroche désormais à une réalité. Une réalité qui n’est autre que le jeune homme en face de moi qui se bat avec ses cauchemars. Une réalité qu’elle a perdue depuis longtemps. Mais elle s’accroche, parce qu’elle sait qu’il a besoin d’elle. Elle reste ici même si il l’a tué. Elle reste ici parce qu’elle a encore l’espoir qu’un jour il prenne le dessus. Mais je le vois bien, elle risque d’attendre longtemps parce qu’il est en train de couler chaque jour un peu plus.

J’ai une façon assez particulière de percevoir les gens parce que j’ai tendance à connaitre pas mal de leurs secrets grâce aux morts. Les morts parlent. Beaucoup. Souvent trop et souvent inutilement. Mais ils leur arrivent de parler pour quelque chose d’intéressant. Et je sais qu’une fois que j’aurais beaucoup parlé avec Yin Yue, il me sera impossible de ne plus jamais l’inclure dans ma vie. Tout d’abord parce qu’il a besoin d’aide, ensuite, parce que cette petite fille veut qu’il s’en sorte et que je veux l’aider elle aussi. C’est pour cette raison que je m’installe aux côtés du jeune homme quand il se réveille et ce, même s’il est sur le point de me sauter à la gorge. Normal, il ne me connait pas et je viens d’entrer chez lui comme ça, sans aucune invitation.

« Je m’appelle Taejun, messager tu camp Omega, tu n’as rien à craindre de moi, je ne te ferais aucun mal. »


Bizarre comme je dis ça lors que sais très bien que si on me sortait ça, je n’aurais aucune confiance en la personne. Ce qui veut dire que si Yin Yue me sautait dessus pour me blesser en cet instant précis, je comprendrais très bien sa réaction. Je m’apprête à répondre à sa question lorsqu’il me demande de patienter quelques instants. Très bien. Je ne suis pas du genre à attendre comme ça, mais là, je sens qu’il vaut mieux. C’est mieux pour lui, pour moi, et pour Shinah qui retient son souffle dans mon esprit. Je crois qu’elle a peur de la réaction qu’il va avoir quand je vais lui dire qu’elle a envie de l’aider et pas de l’enfoncer. Je le laisse me toucher sans rien dire. Je n’aime pas trop ça mais si je veux qu’il me fasse confiance, il vaut mieux que je ne fasse pas de mouvement brusque. Je ne veux pas lui faire peur. Au contraire, c’est lui qui me fait peur en se levant d’un bon et en envoyant valser je ne sais trop quoi au sol avant de s’écraser à moitié sur le mur. Il ne va pas bien, ça c’est sûr. Et il a besoin d’aide.

Je le laisse parler sans l’interrompre. Il a besoin d’aide et je pense que je peux lui apporter cette aide. Du moins, en ce qui concerne Shinah, le reste… Je tenterais de l’aider comme je peux. Je ne sais même pas vraiment pourquoi je fais ça au final, mais je le fais quand même parce que c’est comme ça. Je me contente donc de le regarder dans les yeux maintenant que je suis certain qu’il me voit. Je pousse un soupir et je me lève.

« Arrêtes de t’agiter tu veux, franchement, ça ne t’aide pas de te secouer dans tous les sens là… »


J’attrape son bras doucement et je le fais s’allonger sur son lit. Je ne sais pas comment il va le prendre mais il vaut mieux qu’il arrête de s’exciter comme ça parce que vu la tête qu’il a, il va finir par s’évanouir devant moi. Je lui remonte la couverture dessus pour lui montrer qu’il n’a pas intérêt de bouger puis je prends un linge que je vais mouiller avec de l’eau au robinet. Pendant que je m’occupe de ça, je fini par répondre à une de ses question.

« Oui j’ai déjà tué. Plus d’une fois même… La première fois, ça brise quelque chose en nous, et même si on finit par s’habituer, ça reste toujours difficile… »


Je reviens vers le lit et je m’assoie au bord avant de poser le petit linge humide sur son front. Il a l’air tellement triste et tellement perdu. Tellement mal aussi que ça me fait de la peine. Je caresse sa joue du bout des doigts.

« Je ne la vois pas à proprement parler… En fait, je ne vois pas les morts sous forme de fantômes, mais ils peuvent me parler et je vois de quoi ils avaient l’air de leur vivant… »


Je retire ma main de sa joue mais je continue de le regarder dans les yeux.

« Arrêtes de te faire du mal Yin Yue… Parce qu’elle ne veut t’en faire aucun, elle veut juste t’aider… »



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MessageSujet: Re: no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow. Jeu 14 Fév - 17:05

“ you are my heavy starry chain. ”


Je ne savais pas exactement pourquoi j'avais eu l'idée de demander son identité. Connaître son prénom ne m'aidait pas davantage. Il pouvait me mentir. Après tout, il pouvait très bien être un type qui prétendait faire partie du clan Omega mais qui en avait profité pour kidnapper Shinli. Ou d'autres de mon clan. Mon clan … Ces mots étaient encore un peu trop forts pour moi. Je ne m'y habituais toujours pas. L'habitude de la solitude, sans doute. Ou le cruel manque de confiance en autrui. Il n'y avait rien pour prouver qu'il s'appelait Taejun. Rien qui m'indiquerait qu'il faisait partie des Katharsis. La manière qu'il avait de répéter qu'il ne me voulait aucun mal me rappelaient ces scientifiques. Ils disaient que tout irait bien. Qu'il fallait se détendre. Qu'ils nous aideraient. Tout était allé mal. Je ne serais plus jamais capable de me détendre. Personne ne nous a aidé.
Complètement abandonnés à un destin que nous ne voulions même pas.

Alors qu'est-ce qui me disait que je ferais bien d'être calme avec ce jeune garçon ? L'intuition. Si je devais me fier à elle ? Probablement pas. Mais ce n'était pas exactement comme si j'avais le choix. Il venait de pénétrer dans mes espace vital, et les traits de son visage était dépourvus de toute agressivité. Le problème avec les traumatismes, c'est que l'on a tendance à douter de tout, à se méfier. Il pouvait très bien avoir l'air innocent et jouer un jeu. Le pessimisme mélangé à la méfiance n'avait jamais rien donné de bon, de toutes façons. Il avait l'air froid. Ou calme. Ou quelque chose comme ça du moins. Ses yeux fixaient simplement et cela suffisait à vous rendre mal. J'arrivais à le sentir alors que mon propre cerveau était en train de se foutre de moi. Il avait quelque chose de rassurant et d'effrayant à la fois – mais pas effrayant dans le sens dangereux. … peut-être un petit peu. Mais pas tant que cela envers moi. Restait à savoir si mon impression était réellement bonne, ou si j'étais resté le gamin naïf qui se faisait aisément avoir au moindre fais moi confiance, je ne veux que ton bien.

Il laissa flotter une phrase dans les airs et j'eus un faible rire sarcastique. Il n'avait pas tout à fait tort, mais je n'avais décidément pas pu rester bien allongé dans mon lit alors que la cécité me gagnait. Et si j'étais réellement devenu aveugle ? Et si il était quelqu'un qui en avait après moi ? Et si les survivants du laboratoire nous avait traqué pendant des années et avaient attendu que Shinli et moi soyons faibles pour nous récupérer et nous infliger de bien pires tortures que celles que nous avions déjà subies précédemment ? De plus, il avait osé prononcer le prénom de celle qui hantait mes rêves depuis plus de dix ans. Je ne pouvais simplement pas être calme. Et dire que je comptais cela uniquement comme une expression dès que j'affirmais qu'elle me hantait. J'étais bien loin de m'imaginer que c'était la vérité. Enfin … à moins que ce Taejun soit un fou échappé de l'asile, un peu schizophrène sur les bords et qui s'invente une vie. Mais il ne pouvait pas avoir sorti ce prénom au hasard. Il y avait des milliers de prénom. Le hasard n'avait pas pu le faire tomber sur celui-là plus qu'un autre. Il attrapa mon bras et je sursautai. Quoi, quoi ? Qu'est-ce qu'il faisait. J'essayai de tirer un coup sec pour me défaire de son étreinte, mais abandonnai l'idée lorsque je me rendis compte qu'il ne faisait rien autre que me rallonger dans mon propre lit. Au moins j'étais sûr que mon lit n'avait pas été trafiqué puisque je m'étais éveillé en parfaite pleine santé dedans. Je tentai de redresser mon but – parce que l'envie d'être allongé à rien foutre ne m'enchantait pas, mais il vint me border comme si j'étais un gosse. Je gonflai les joues et tournai la tête sur le côté. J'étais assez grand pour m'occuper de moi. J'avais passé ma vie à m'en sortir seul, indépendant. Je savais exactement comment il fallait faire. Il me quitta et je levai les yeux à la recherche de son corps – ne pas le perdre de vue, surtout pas.
Il agissait vraiment comme s'il était chez lui.

Mais pour cette fois je ne dirais rien. Le bruit de l'eau coula jusqu'à mes oreilles et j'arquai un sourcil au dessus de mon arcade. Était-ce possible de noyer quelqu'un dans un lavabo ? J'eus un faible rire. Yue, tu es un parano doublé d'un crétin. Je fermai les yeux. Au pire, s'il venait à tenter de m'attaquer, j'avais toujours mes yeux pour me défendre – quitte à finir aveugle. Parce qu'il fallait croire que je n'apprenais pas la leçon. Je me laissai aller contre l'oreiller et couvris mes si précieux yeux avec mon avant-bras. Savoir qu'il avait déjà tué quelqu'un me calmait inexplicablement. Cela devrait être l'inverse – mais non. Le fait qu'il ai déjà été meurtrier signifiait qu'il m'aurait tué dans mon sommeil s'il en avait eu après ma vie – ou alors c'était un sadique qui voulait me souffrir. Mais franchement, je n'y croyais pas vraiment. Ses pas s'approchèrent de nouveau et le lit s'affaissa sous son poids alors que je dégageai mon bras de mon visage. La fraîcheur du tissu sur ma peau me fit sentir un long frisson brûlant sur mon échine. Il … Il entendait les morts ? Ses doigts sur ma joue contrastaient avec la froideur de mon front. Et puis, soudain, il prononça une phrase qui me fit perdre tout sens des réalités. Mon sang se glaça. Mon cœur avait subitement disparu. Un violent mal de tête frappa mon cerveau. Je restai de longues secondes à le fixer, les yeux écarquillés. Puis un rire s'échappa de ma gorge. Un rire dépourvu de joie, de bonne humeur. Un rire vide.

« Pourquoi voudrait-elle aider son meurtrier, dis moi ? » Mon fou-rire était presque incontrôlable.
Je me redressai assis, massai mes tempes avec mon pouce et mon majeur droit à travers le tissu et soufflai longuement. Effaçant ce rire de mon être. Ce n'était pas moi. Je ne riais rarement. … En fait, peut-être n'avais-je même jamais ri. Mes nerfs, il s'agissait de mes nerfs. J'appuyai sur les extrémités du tissu afin d'éviter qu'il tombe sur le lit – la fraîcheur de l'eau étant la seule chose me rappelant que je n'étais pas en train d'halluciner de manière violente – et posai une main sur son épaule. Je souriais encore. Parce que je ne souhaitais pas qu'il croit que je pense quoi que ce soit de mal à son sujet.
« J'veux dire … C'est pas possible, hein ? » Je fixai ses yeux, comme si j'essayais de le convaincre et de me convaincre au passage. Ma tête … « 'fin, je remets pas du tout en doute tes compétences, sinon tu n'aurais pas conscience de son prénom, mais … »
Je m'arrêtai de parler. J'allais finir ma phrase avec un elle ne peut pas vouloir m'aider, mais … merci ... J'avais mis de longues années à chercher à comprendre pourquoi elle m'avait remercié de l'avoir tué ce jour-là. Je ne savais toujours pas. Je me demandais encore pourquoi la nuit son fantôme venait. Pourquoi le jour-même de mon évasion, elle m'avait aidée à partir. Pourquoi … Pourquoi elle voulait m'aider. Parce que je l'avais aidée en la tuant ? Mais pourquoi ? Comment était-ce juste … possible ?
« ... elle est là ? » J'avais l'impression d'être un enfant perdu qui posait toutes les questions les plus stupides au monde. Je sentis mes yeux rougir, me brûler. Et ce n'était pas dû à la cécité. « Elle est à côté ? » Repris-je en commençant à agiter doucement son épaule. Tel un gosse secouant son cadeau afin de savoir ce qu'il y avait dedans. « En vrai ?»
Cette fois, je riais mais ce n'était nullement lié à un vide d'esprit total, c'était l'inverse. J'avais passé des années à répéter un discours d'excuses comme un automate. Je pouvais lui dire, maintenant ? Je lâchai l'épaule de ce pauvre Taejun en me calmant d'un coup. Je soufflai calmement et plongeai mes yeux inquisiteurs dans les siens.
« Tu peux lui parler pour moi, ou elle m'entend ? » On ne savait jamais. « Et, elle peut se manifester ? Genre, fermer des portes avec un truc de fantôme. Ou casser des verres. Ou … apparaître dans un miroir ? » Je me levai d'un bond, persuadé que mon idée était la bonne alors que j'avais rationnellement parlant conscience que j'étais profondément en train de disjoncter. J’accourus vers la salle de bain et me postai devant le miroir. « Shinah, Shinah. Shinah ?» Appelai-je. « Montre toi ?» Je me tournai vers Taejun, pris d'une baisse de tension mais ignorai les fourmillements dans mes membres. « Elle peut venir … hein ?»

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Oh Taejun
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MessageSujet: Re: no wonder you're late. why, this watch is exactly two days slow. Jeu 14 Fév - 22:12



Je sais que ça ne se fait pas, je fais comme si j’étais chez moi alors que ce n’est pas le cas. Mais je sais très bien que si je lui demande s’il a besoin d’aide, il me répondra que non. Et ce, même si c’est un pur mensonge. Il a besoin d’aide. Et même si apparemment, une grande partie de son problème vient de ses yeux, je dois dire que l’autre partie m’a l’air définitivement accrochée à Shinah. Je ne peux pas vraiment l’aider pour ses yeux, mais je sais que je peux faire quelque chose pour la « relation » qu’il entretient avec Shinah même si ça risque d’être difficile et de lui faire du mal. Mais je sais que je peux y arriver. Il va juste falloir qu’il accepte et qu’il digère ce que je vais lui dire. Je ne dis pas que ça sera simple, mais il va falloir qu’il prenne sur lui. Même si bon, je ne pense pas que ça soit vraiment le jour idéal pour ça. En même temps, je suppose que son état ne va aller qu’en empirant alors il vaut mieux que ça soit fait avant. J’espère que ça le soulagera un peu.

Alors, oui, je viens de le recoucher et de lui poser un linge humide sur le front alors j’ai l’air d’une mère qui s’occupe de son gosse. Et non, ça ne me dérange pas. Je ne sais toujours pas vraiment pourquoi je me comporte comme ça avec lui mis à part le fait que Shinah se manifeste à moi. Je ne sais pas trop quoi faire en fait. Il me fait de la peine du coup, je crois que je ressens le besoin de l’aider. Là, assis à côté de lui, sur le bord de son lit, j’ai l’impression de revoir la fois où Yeongmin m’a retrouvé et qu’il s’est occupé de moi. Sauf que voilà, Yeongmin m’aime et je l’aime, ce qui explique qu’il prenne soin de moi. Moi, je ne le connais même pas ce Yin Yue, ou du moins, je connais seulement ce que Shinah m’en a dit. A savoir qu’il l’a tué quand elle était toute jeune. Et qu’il a un problème avec son pouvoir aussi.

Il ne comprend pas, et je dois dire que… Je le comprends. Après tout, il l’a tué, je conçois que ça soit difficile pour lui d’accepter de fait que de l’endroit où elle est, elle veuille l’aider. N’empêche que c’est la vérité. Il ne faut pas croire, les morts ne vont pas vraiment dans un au-delà. En fait, j’imagine qu’ils le peuvent, mais c’est bien mieux pour eux de rester ici. Enfin, plus intéressant surtout, ils s’occupent comme ça. Alors oui, ils peuvent entendre les pensées de tout le monde, mais ils ne peuvent pas communiquer avec les gens. Sauf avec moi. C’est pour ça qu’ils m’aiment bien. Parce que quand je perds le contrôle et que j’attaque quelqu’un avec mon pouvoir, ils peuvent faire du mal. Oh bien sûr, ils ne font pas tous du mal, mais généralement, quand je les envoie dans la tête d’un ennemis, c’est pour lui faire perdre la tête, pas pour faire joli. Je ne vois vraiment pas l’intérêt sinon.

« Je ne sais pas vraiment pourquoi elle veut t’aider, elle ne me l’a pas dit clairement mais je crois que… C’est parce qu’elle s’est attaché à toi. Elle te connait Yin Yue, peut-être même mieux que tu ne te connais toi-même. Mais je t’assure que c’est la vérité, c’est mon pouvoir qui est comme ça. »


Je le regarde s’enfoncer dans sa détresse sans vraiment savoir quoi faire. Je laisse sa main sur mon épaule et le laisse me secouer. Je ne sais pas pourquoi mais ça me fait mal de le voir dans cet état, mal de le voir craquer et de voir ses yeux se remplir de larmes. Et soudain, je comprends. Je sais pourquoi Shinah veut l’aider. Elle s’en veut de le rendre comme ça. Elle n’arrive plus à le voir souffrir par sa faute. Il est en train de se détruire sous ses yeux et elle ne supporte plus de le voir dans cet état.

Et soudain, je n’ai même pas le temps de répondre à ses questions qu’il se lève d’un bond dans l’espoir de voir apparaitre Shinah dans le miroir de sa salle de bain. J’arrive doucement vers lui et je le regarde dans le miroir.

« Elle t’entends Yin Yue. Elle entend tout ce que tu dis et tout ce que tu penses. Mais elle ne peut pas te répondre, le seul moyen qu’elle a pour le répondre c’est que je transmette son message. »


Je le prends par les épaules et le fais pivoter. Je le regarde quelques secondes dans les yeux avant de le prendre dans mes bras.

« Elle n’apparaîtra pas Yin Yue… Si jamais tu la vois, ce n’est que ton imagination. Si elle te répond, c’est toujours ton imagination. Arrêtes de te torturer pour elle Yin Yue, tu te fais du mal et tu lui fais du mal… »



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