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La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee

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Yoon Su Hee
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MessageSujet: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Sam 19 Jan - 2:11

Citation :

La recette du désastre




Ahn Kyuseong & Yoon Su Hee.

15 janvier 2049. Fin de matinée. Il neige.



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Yoon Su Hee
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Sam 19 Jan - 2:14

Tôt ce matin-là, je me retrouvais dans le bureau de mon maître, soupirant intérieurement. Il avait souvent l'air d'oublier que j'étais humaine et qu'en tant que telle, que j'avais besoin de repos, de temps en temps. Enfin, plus exactement, il oubliait que j'avais les mêmes besoins primaires que ceux des humains. Puisque pour lui, nous ne sommes pas humains. En conséquence, il ne se soucie en rien de mon bien-être. Et il se trouve justement que je n'avais pu retrouver mon lit que très tard hier soir.
Je me secouais et me concentrait sur mes ordres. J'étais censée passer la journée avec lui et son neveu. Pour lui apprendre le travail. Je ne savais pas pourquoi, et ça n'avait pas vraiment d'importance.

Je passais une superbe journée. Le neveu en question se comportait comme un gosse pourri gâté. Un salopard misogyne et remplit de haine envers les mutants. Il refusait de comprendre que j'avais plus d'expérience que lui et que je savais de quoi je parlais. Son oncle, lui, se contentait d'observer et de faire quelques commentaires – plutôt neutres – de temps en temps. Il venait d'entrer dans l'armée et avait donc les notions de base concernant les armes à feu. Mais il me suffit de cinq minutes pour comprendre qu'il était un très mauvais tireur. Il avait tellement envie d'appuyer sur la gâchette qu'il ne prenait pas le temps de viser. Résultat : il ratait sa cible à chaque coup, ou presque. Travailler avec lui tenait du pur supplice. J'espérais bien que jamais au grand jamais il n'arriverait à une position à responsabilités. Il tuerait tous ses soldats, à coup sûr. Avec un peu de chance, quelqu'un le tuerait avant que ça n'arrive.

Mon maître finit par décider qu'aller se promener en ville était une bonne idée. Personnellement, je la trouvais très mauvaise, mais personne ne m'avait demandé mon avis. Nous partîmes donc. Seuls. Deuxième mauvaise idée de la journée. Enfin non, troisième. La première étant la présence du gamin.
Je me retrouvais à arpenter les rues de Séoul avec mon employeur à protéger et un boulet.
Tout allait très bien. Il neigeait et le vent faisait tourbillonner les flocons dans les airs. C'était très joli. Il y avait assez de neige au sol pour qu'elle soit majoritairement restée blanche et pure. Pas encore contaminée par la saleté de la ville. Il ne faisait pas trop froid, tout bien considéré. Les rues étaient calmes. Les cris étaient assez rares et espacés. Et lointains, surtout. Ce qui me soulageait. Ce serait bien ma chance, qu'une émeute se déclenche pile à ce moment-là. Mon patron était plutôt relaxé, ce qui détendait son neveu également. Ce qui était une bonne chose, dans un sens : il avait arrêté de pointer son arme partout. Pour ma part, je préférais rester attentive. Vous le savez bien, c'est toujours au moment où l'on commence à se dire que tout va bien se passer que justement, tout tourne mal. Comme si le destin, Dieu, ou simplement la vie – faites votre choix – décidez de vous rappeler que rien ne se passait jamais comme on l'espérait.

- Ne bouge plus !

Je fais volte-face pour voir ce qui a alarmé le gamin. Il pointe son arme sur une silhouette sortant d'une ruelle adjacente. Un homme, à vue de nez. Quand je vous disais qu'il était un peu trop à cran, le neveu. Avec un peu de chance l'homme ne fait que rentrer chez lui et ne nous adressera pas la parole.
Trente secondes plus tard, je comprends que ce n'est sûrement pas le cas. L'homme a continué de s'avancer vers notre petit groupe, en droite ligne, sans paraître se soucier qu'une arme soit pointée sur lui.

- Ne bouge plus ou je tire !

Je jette un regard à mon patron, qui se contente de hausser un sourcil. Son neveu ne sait vraiment rien de rien. Il aurait dû reconnaître l'homme maintenant. Ce n'est pas tout à fait un inconnu. Et le menacer n'est jamais une bonne idée, si l'on tient à rester en bonne santé. Je me positionne de façon à pouvoir garder tout le monde à l'oeil. Et je prends quelques secondes pour réfléchir.
Je pourrais arrêter le gamin. Seulement le patron n'apprécierait pas. Je pourrais arrêter l'homme. Mais cela ne ferait probablement qu'empirer la situation. Et cela m'attirerait des ennuis. Si pas de mon maître, alors d'autres – au gouvernement ou à l'armée – seraient mécontents de moi. Ce qui ne serait pas bon du tout pour moi. Il faut que je sache ce qu'il fait ici, avant de pouvoir faire quelque chose.
Je me rapproche du neveu pour lui expliquer qu'il ne peut pas se conduire ainsi, mais apparemment il est trop impatient de tirer sur un être vivant pour attendre.
Immédiatement, je change de plan. L'homme – qui avait continué d'avancer – s'est immobilisé. De surprise ou de peur, je ne sais pas. En tous cas, je sais qu'il n'est pas blessé. La balle l'a manqué. Evidemment. J'apostrophe l'idiot, sans me soucier qu'on m'entende, ni qu'il soit affecté par mon pouvoir. A mes yeux, il vient de passer de stupide à incapable – une gêne. Son bien-être est désormais le cadet de mes soucis. Je ne fais pas de miracles, après tout.

- Gamin. Je te présente Ahn Kyuseong.

A sa soudaine inspiration, je comprends qu'il commence à avoir peur. Je savais bien qu'il le connaissait. Imbécile. Personne ne lui a donc jamais expliqué combien montrer sa peur face à un prédateur est une mauvaise idée? Et c'est bien ce qu'est Ahn Kyuseong : un prédateur.
Il baisse enfin son arme et se tourne vers moi, l'air de me demander quoi faire. C'est instinctif. Il m'aime, il vient me demander de l'aide. Je ne sais pas si je vais pouvoir. Et honnêtement, je ne le pleurerai pas.

- Je veux que tu t'excuses auprès de Kyuseong pour lui avoir tirer dessus. Avec un peu de chance il te pardonnera.

Et ne te tuera pas. Je lui ai parlé d'un ton plat, sans chaleur. Sans cesser de surveiller les deux autres personnes présentes.
Mon maître est toujours immobile, observant. Jugeant. C'est un salopard insensible. Il n'a pas l'air de se soucier que son neveu soit potentiellement mort dans une minute.
Kyuseong... Est semblable à la dernière fois que je l'ai croisé. Impassible. Attirant. Dangereux. Imprévisible.
Je le regarde, sans bouger, prenant garde à ne trahir aucune émotion. J'attends de savoir ce qu'il compte faire.
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Ahn Kyuseong
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Jeu 24 Jan - 8:10

Il me regarde. Silencieux, un sourire amusé inscrit sur le visage. Qu’est-ce qu’il me veut ? N’est-il pas trop tôt pour me réveiller ? Il devrait savoir que je déteste être debout avant l’heure, bien que je ne sois pas un gros dormeur non plus. Je laisse l’arrière de ma tête retomber sur le bas de ma nuque pendant qu’un petit craquement se fait entendre dans mon cou suivi d’une petite douleur dont je ne me soucie pas le moins du monde. Je soupire fortement, montrant bien à ce gêneur que j’aurais aimé dormir un peu plus longtemps, que j’avais passé une journée difficile dans les papiers et que je revenais juste de convalescence. Mais non, il avait fallu qu’il vienne jouer avec moi juste ce jour-là. J’ai dû dormir quoi, trois heures ? Souvent quand je suis en dessous de la barre des quatre heures je suis de très mauvaise humeur. Ma tête levée en direction du plafond roule doucement sur le côté droit et, le visage tourné en direction de ma table de nuit, je peux voir qu’il est déjà neuf heures du matin. J’ai donc dormi plus de trois heures en fait ? Quoique, je ne me souviens même plus de l’heure qu’il était lorsque je suis allé dans mon lit. Et, je ne me suis pas endormi dans mon lit en fait. Je remets ma tête droite, fixant cet homme toujours adossé contre l’encadrement de la grande porte en bois massif, cet homme qui n’est autre que mon cousin. Cet homme, je devrais le détester pour être devenu ma faiblesse mais je n’y arrive pas. C’était le cas au début, mais je suis tombé dans ses filets, je suis tombé sous son charme et maintenant il sait qu’il peut compter sur moi pour le protéger. Il est la seule personne qui m’a donné une définition proche de celle de « famille », du moins m’en a donné une autre version, car celle que j’ai en tête n’était pas très glorieuse et n’a rien à voir avec ce que l’on peut trouver dans un dictionnaire.
Je le vois quitter son emplacement et s’approcher de mon lit. Il pose d’abord un genou sur le matelas le faisant s’affaisser à cet endroit et continue de s’approcher, à quatre pattes, vers moi. Il me dit que ce n’est pourtant pas dans mes habitude d’être si endormi le matin. Il a raison, d’habitude à peine j’ouvre les yeux que je suis en pleine forme, une des choses qu’il me reste de ma vie de sauvage lorsque j’étais jeune. Je devais toujours être aux abois ce qu’il fait que mon sommeil est très léger. Ji Hwa s’allonge à mes côtés posant la tête sur mon torse nu.

« Et toi, tu ne devrais pas être en train de bosser là ? » Demandé-je soudainement brisant le silence qui régnait depuis un certain moment.

Il se contente de me regarder, toujours avec son sourire amusé collé au visage avant de passer ses bras autour de mon buste et de cacher sa tête dans mon cou. Je soupire de nouveau. Il est bien le seul à pouvoir m’approcher et me toucher de la sorte. Enfin, de cette manière, aussi calme, aussi pur, bien qu’il soit aussi vil que moi, voire même pire car si moi je ne cache rien, si moi je balance tout peu importe les représailles, lui est la définition du mot hypocrite. Toujours en train de sourire avec ce masque d’ange, petit enfant sage d’apparence qui se révèle être en fait un vrai démon. J’aime beaucoup ce côté-là de lui, il trompe les gens, se moque d’eux, ne prend même pas la peine de les mettre à son niveau, non, tout comme moi, il pense que nous sommes une race supérieure, que nous devrions être à la tête de cet état si fragile.


Dans l’immense salle de séjour, où l’on prenait notre petit déjeuner, un peu tardif certes, je me retrouve complètement perdu dans mes pensées. Je réfléchis sur quel type de contrat je pourrais tomber, sur quel genre de personne avec quels pouvoirs et s’il fallait que je le tue ou pas. De toute façon, la première option était plus souvent utilisée car l’excuse du « il a tenté de fuir » marche plutôt bien ou encore « il résistait et je n’ai pas contrôlé ma puissance », aussi. Je crois que je ne me suis jamais fait réprimander pour avoir tué un « ennemis » alors qu’il le fallait vivant. De toute façon, qui pouvait me réprimander ? Personne. Ils me craignent tous, je suis bien plus fort qu’eux et en un claquement de doigt, je peux les faire disparaitre.
Je soupire. On ne pouvait pas dire que j’étais très motivé ce matin. Je crois que ce jour était celui qui devait me mettre de mauvaise humeur, il le faut bien, au moins une fois dans l’année, et c’est tombé sur ce jour, celui où je fais officiellement mon retour après avoir disparu pour des raisons mystérieuses qui n’étaient autres que ma secrète convalescence. Seul mon cousin et le vieil homme qui m’a soigné sont au courant de ma blessure. D’ailleurs il ne faudra pas que je fasse de folies avec bien qu’elle soit complètement guérie il reste tout de même une faiblesse. Je n’aime pas ça. Je ne suis pas faible.


Je fixe la porte en face, cette grande double porte qui doit faire la même taille que celle de ma chambre. Sauf que je ne suis pas devant cette dernière. Je ne suis même plus chez moi. Je me trouve devant un bureau, le bureau de mon futur employeur si je peux l’appeler ainsi… Enfin, de celui qui me donnera un ou plusieurs contrats auquel je devrais me dépêcher de remplir. Je le connais, il n’est pas du genre à attendre bien sagement, il aime quand les choses sont faites rapidement. Je n’aime pas, moi. J’aime voir ma victime souffrir dans mes mains, bouger comme une simple marionnette que j’aurais créée. Voilà aussi pourquoi j’aime recevoir des contrats de cet homme, car jusqu’à maintenant il ne m’a jamais demandé de ramener quelqu’un de vivant.
Je frappe à la porte et n’attends pas son accord pour ouvrir cette dernière que je m’engouffre dans son antre, ce vieux bureau où tout est très cher. Ce vieux bois importé de je ne sais où, ou ces étagères qui recouvrent les murs remplis de dossiers, de livres et de collections plus bizarres les unes que les autres. Je m’avance et m’assois sur une des chaises assez peu confortables pour y rester des heures. Il commence par me demander où j’étais passé, disant qu’il était inquiet pour moi, tu parles. Il se demandait plutôt s’il pourra enfin dormir sur ses deux oreilles ce soir. Non, désolé mon gros porc, mais je suis toujours en vie pour pourrir la tienne ou en mettre un terme si tu continues de blablater pour rien et de jouer l’homme bienveillant envers moi. Qu’est-ce qu’il croit ? Que je ne vois pas son petit jeu ? Se faire apprécier pour être sûr qu’il ne lui arrive rien. Laissez-moi rire. N’empêche, je ne dis rien. Cet instant de faiblesse, cette semaine où j’étais inconscience et ces quelques jours où j’ai récupéré assez de force pour marcher resteront cachés aux yeux des autres. Et la seule personne qui pourrait le savoir hormis mon cousin et le prête est cette fille qui est morte ce jour-là. Du moins, je le pense. Non, je n’ai pas pu la rater, elle est morte.

Ce fut donc une bonne demi-heure après que je ressors du bureau de ce gros porc. Je me demande comment il fait pour marcher sans qu’une jambe gêne l’autre. M’enfin, il avait réussi à m’énerver de par toutes ses remarques qui sonnaient tellement fausses et ce nouveau contrat. Je ne dois pas le tuer ? C’est quoi ça, une nouvelle mode ? Pourquoi je ne pouvais pas ? On s’en fout qu’il fasse peut-être partie de sa famille, de tout façon, la famille c’est fait pour s’abandonner les uns, les autres. Il n’y a jamais cette chose, ce sentiment qu’on dit qui rend fort. Non. La famille n’est juste qu’un mot.

Je me baladais dehors ne sachant pas quoi faire. Je n’étais pas assez motivé pour chercher ma proie dès aujourd’hui, de plus, je ne sais même pas son pouvoir, il n’a rien donné. Faut que je fasse des recherches avant d’aller à sa poursuite.
Je remonte un peu le col de mon manteau, enfouissant mon cou confortablement dans mon épaisse écharpe qui me protège du froid de la neige et du vent. Je regardais mes pieds s’enfoncer légèrement dans cette poudre blanche qui recouvrait le sol de la capitale. J’aime l’hiver. Car tout est calme, tout est mort. Bien que j’ai faillis mourir de froid certains hiver étant jeune, j’aime cette saison. J’aime la mort et la souffrance, après tout. Et je n’avais pas à être inquiet, bien qu’il s’en était passés des choses dans ses rues, la plupart étaient dans ce quartier pourri où tous les pauvres, les gamins habitaient d’une certaine façon. Je gardais la tête droite, un regard fier, les mains dans les poches de mon trench coat noir non fermé. Pas besoin j’avais déjà un gros sweat bleu marine en dessous. Bien que je ne sois pas un fan du sweat, c’était tout ce que j’avais trouvé pour affronter la neige. Je crois qu’il va falloir que je m’achète de nouveaux vêtements. Mais passons.
J’entends quelqu’un crier, ce qui me sort de mes pensées. Je tourne légèrement la tête en direction du son plutôt désagréable et remarque qu’il était adressé à moi. Je vois un pauvre gamin pointant son arme vers moi. Est-il fou ? Est-ce qu’il sait qui je suis ? Ou alors a-t-il autant envie de mourir ? Ça tombe justement bien car je vais pouvoir me défouler un peu. Il n’est pas seul mais peu importe. On va dire qu’il mourra à la place du mutant que je dois ramener à tout prix. Je sens de nouveau ces pulsions m’envahir, un sourire plus que sadique prendre place sur mon visage, bien qu’à moitié caché par l’écharpe noire et m’avance vers ce gamin fou.
Je remarque alors les personnes qui l’accompagnent. Une fille et un vieux. Je les connais. Oui. C’est elle, celle qui a le chant de la sirène, ce pouvoir qui permet de soumettre n’importe qui à sa volonté. J’aime beaucoup. Et l’autre est celui qui l’a « adoptée ». Tout comme mon oncle adoptif, les mêmes personnes, toutes aussi sales. Je pourrais me faire une petite brochette ce matin. De plus, ça faisait bien un moment que je voulais mettre un terme à son existence, alors pourquoi pas maintenant ? Les accidents sont si vite arrivés.

Je continue d’avancer lorsque j’entends un coup de feu. Il a tiré, ce gamin a osé tirer dans ma direction. Je crois que j’ai de la chance qu’il m’ait manqué car je n’avais pas pensé à me protéger, après tout je le pensais faible, incapable de tirer. Je ne bouge plus. Pas que je sois surpris, où apeuré, non. Je regarde le sol comme si je pourrais retrouver la balle alors qu’elle se trouve très loin derrière moi et, toujours avec le même sourire je continue ma lente marche.
Je suis amusé devant l’air effrayé qu’a pris ce gamin en découvrant qui je suis. Je suis si connu ? Même un gamin qui sort à peine de l’école –sans doute- me connait ? Je devrais être dans les livres d’histoires, tiens. Je les entends parler. Qu’il s’excuse ? Elle est bien bonne. Pourquoi j’en voudrais de ses excuses ? Qu’il me lèche les pieds aussi, le résultat sera toujours le même.

J’arrive enfin à la hauteur de ce gamin qui avait baissé son arme. Il est effrayé. Je peux le comprendre. Mon cousin m’a déjà dit que j’avais un regard assez noir qui pouvait faire très peur lorsque j’étais envahi par ces pulsions meurtrières. Je sors une main de la poche et lui caresse la joue.

« Tu es un bon garçon. Dommage que tu doives mourir si jeune. »

Il eut juste le temps de répondre un « quoi » à peine audible que mon ombre se répandait sur son corps comme une vague noire. On pouvait voir une partie de son visage se faire manger par cette tâche noire avant de l’entendre hurler. Je jette un rapide regard à son oncle qui ne bouge pas, il s’en fout ? Qu’est-ce que je disais par rapport à la famille déjà… ? Tous pareils. Je laisse mon regard parcourir le corps du plus jeune, m’arrêtant sur la neige à ses pieds, neige qui était maintenant rouge. Souillée par ce liquide écarlate, tellement vital pour l’homme. Je crois que les gens extérieurs ne peuvent pas comprendre ce qu’il est en train de lui arriver, le pauvre. Mon ombre entourant certaines partie de son corps et en train de se solidifier et de rentrer dans sa peau comme une bonne centaine de petites lames. Mais ce n’est pas ça qui va le tuer, non. Ce serait trop beau. Tout à coups, j’ai une idée en tête. Je me concentre un peu plus et plusieurs filets noirs sortent du sol et nous entourent, s’épaississant jusqu’à former une sphère parfaite. Personne ne peut nous voir maintenant nous sommes tous les deux prisonniers de cette bulle d’ombre noir solidifiée. Mais ça ne dura pas longtemps, il y a beaucoup de matière, je ne pourrais pas contrôler pendant très longtemps encore. Je me dépêche donc. Le gamin continue de crier à s’en arracher les cordes vocales. Qu’est-ce que j’aime ce son. Celui de la souffrance, qui veut dire que la mort n’est plus très loin. Cette fois, je sors ma deuxième main de la poche et vint attraper le visage du garçon par le menton. De l’autre je viens brutalement arracher son œil lui faisant de nouveau crier de douleur. Ils doivent tout entendre de l’extérieur, ils doivent bien se demander ce que je fais. Comment ils vont le retrouver…


La sphère disparait comme un nuage de fumée noire et il ne reste plus qu’une petite boite carrée aussi noire que la sphère.

« O-Où est mon neveu ? »

Il se réveille celui-là ? Je me penche afin de ramasser cette boite à deux mains, elle doit bien faire 40 cm sur 40 cm. Puis je la jette aux pieds du vieux riche. Qu’il regarde à l’intérieur.

« La réponse se trouve à l’intérieur. » Lâché-je narquois.

Il me regarda alors effrayé, il a compris. C’est bien. Son petit neveu se trouve dans cette boite, complètement déformé. Il ne reste plus rien de la forme originelle du corps humain. Juste des os broyés, de la peau, du muscle, d’autres organes et beaucoup de sang. Tout cela entassé dans cette boite qui pourrait lâcher à tout moment.

« Je me suis permis de garder un petit souvenir, vous n’y voyez pas d’inconvénient ? »

Je dis cela toujours sur le même ton moqueur en montrant l’œil du gamin que je lance en l’air pour le rattraper et recommencer ainsi de suite.

« Bon, maintenant à qui le tour ? » Demandé-je toujours en jouant avec cette petite boule visqueuse et au même moment où la boite noir lâche.


Dernière édition par Ahn Kyuseong le Mer 30 Jan - 12:50, édité 1 fois
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Yoon Su Hee
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Dim 27 Jan - 6:51

Après m'être assurée que le gamin ne provoquera pas plus Kyuseong, je me contente d'observer. D'attendre de savoir ce qu'il fera.
Je suis incapable de prédire ce que fera Kyuseong. Je peux le supposer, mais impossible d'être sûre à 100%. C'est le vrai problème avec lui. Tu peux lui tendre toutes les perches que tu veux, tu peux essayer de le manipuler, mais au final, il ne fera que ce qu'il voudra. C'est pourquoi je n'ai pas arrêté de plan. J'ai bien l'intention de sortir de cette rencontre vivante et sans que mon employeur soit blessé. Mais comment je vais y arriver, c'est une autre question. Tout dépend de ce qu'il fera.
Je regarde Kyuseong tendre la main vers le garçon, comme pour lui caresser la joue. Et il fait – le caresser. Comme s'il voulait le rassurer, comme si tout allait bien se passer. Comme si quelqu'un allait le croire.

- Tu es un bon garçon. Dommage que tu doives mourir si jeune.

Du noir se répand sur le visage du gamin à partir de la main de Kyuseong. Et il commence à crier.
Je garde prudemment une expression impassible alors que je fais un pas en arrière pour m'écarter du sang qui ensanglante peu à peu la neige. J'en profite pour me rapprocher de mon maître et lui faire signe de ne pas s'approcher. Plus la distance entre lui et Kyuseong sera importante, plus mes chances de l'en sortir sans égratignure seront bonnes.
Les deux hommes sont maintenant entourés d'une bulle noire. On ne peut plus les voir, mais on continue d'entendre les hurlements. Ces sons qui ne peuvent être produits que par un homme en train de mourir dans d'atroces souffrances.
Je me permets une grimace dégoûtée alors que personne ne peut le voir. Je peux difficilement condamner quiconque pour tuer des êtres humains, étant donné mes propres actes. Mais ce sadisme, cette souffrance infligée, ce plaisir qu'il prend à tuer... Je n'apprécie pas vraiment, non.

La bulle disparaît soudainement, révélant Kyuseong au milieu d'une flaque de neige fondue par le sang qui la colore. Et une boîte noire, qu'il jette à mon employeur. Il n'aurait pas pu se taire, se faire oublier, celui-là? Il est plus intelligent que ça, d'habitude. A moins qu'il ne veuille m'obliger à m'opposer à Kyuseong. Rien que pour savoir comment je m'en sortirai. Salopard.
Je regarde Kyuseong faire son petit numéro d'intimidation en silence. Ce n'est pas à moi que cela s'adresse, de toutes façons. Autrement, il devrait essayer autre chose. Contrairement à mon cher patron, je fais le sale boulot moi-même. D'ailleurs, je me demande ce que ça lui fait, de se retrouver confronter à tout ça. Après tout, il a plus l'habitude de rester derrière son bureau et d'ordonner les assassinats et autres tortures. Je doute qu'il se soit déjà salit les mains. Si je pouvais me le permettre, je me retournerais pour voir quelle expression il a, en ce moment. Avec son neveu dans une petite boîte, à ses pieds. Et son meurtrier qui joue avec un de ses yeux. Mais j'ai mieux à faire. Essayer de nous sortir de là, par exemple.

- Bon, maintenant à qui le tour ?

Comme sur un signal, la boîte explose. Je me retrouve couverte de...morceaux de corps. Beaucoup de rouge, pas mal de blanc, aussi. Je ne tiens pas particulièrement à savoir ce que c'est. J'entends mon employeur pousser un petit cri. Je fixe Kyuseong et réprime un frisson d'horreur. Je n'ose même pas imaginer à quoi je ressemble. Répugnant.
Kyuseong a ce sourire de psychopathe sur le visage... Combiné avec les diverses substances sur lui et l'oeil qu'il s'amuse à jeter en l'air : il est réellement effrayant. Mais ce sourire le rend plus beau, dans un sens. … Sérieusement? Hors de question que je continue dans cette direction. Il est dangereux, il est imprévisible et c'est un tueur. Mes tordues d'hormones peuvent aller voir ailleurs.
Je pousse un soupir et lui réponds.

- Aucun de nous deux. Je ne peux pas te laisser le tuer. Mais si tu veux absolument tuer quelqu'un, pourquoi est-ce que tu ne vas pas t'occuper de ton contrat? Je suppose que tu en as un en cours.

Instinctivement, j'ai chuchoté. Tant mieux. J'aurai des problèmes si je le tue, mais j'en aurais également si je l'influence. C'est le genre de choses, si ça arrivait trop souvent, on risquerait de penser que je cherche à me constituer une armée. Les haut-placés ont toujours tendance à développer de la paranoïa. Je peux comprendre, mais j'aime moins quand ça commence à me concerner. Et si je touche à Ahn Kyuseong, connu pour être un tueur psychopathe... Que je l'ai fait pour sauver mon employeur n'aura que peu d'intérêt pour eux.
Si je le tue? Eh bien déjà, il faudrait que j'y arrive. J'ai plutôt confiance en mes capacités, mais je ne les sur-estimes pas non plus. Je n'ai pas vraiment envie de savoir qui gagnerait, de nous deux. Et si j'y arrive, on m'accusera d'avoir privé le gouvernement d'un chasseur de primes extrêmement utile. Je doute que cela finisse bien pour moi.

- Ecoute, sincèrement, tu vas t'attirer des ennuis. Et m'en attirer également, même si je doute que ça t'intéresse. Si tu t'approches de lui, je t'arrêterai.

J'en rajoute une couche. En espérant que mes froids murmures le convaincront. Je ne discute pas autant, d'habitude. Mais là, j'ai vraiment envie d'éviter le désastre que je vois arriver à toute allure.


Dernière édition par Yoon Su Hee le Jeu 14 Fév - 4:48, édité 1 fois
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Ahn Kyuseong
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Jeu 31 Jan - 14:48

J’avais sorti cette phrase qui annonçait la suite au même moment où j’avais relâché l’ombre qui constituait cette petite boite. Ce fut un vrai carnage, des morceaux de chair humaine, de boyaux et autres organes que l’on ne pouvait même pas identifier s’éparpillaient partout, nous recouvrant de la tête aux pieds. C’était répugnant, l’odeur aurait pu donner des nausées, même au plus courageux d’entre nous, mais pas pour moi. J’avais l’habitude, je me demande même si je n’ai pas cette odeur de mort constamment sur moi, je ne mets pas de parfum, je m’en fiche bien. Je suis Ahn Kyuseong, l’homme cruel qui aime le sang, la souffrance, la mort. Mais je reste un homme juste. Je ne fais pas que profiter les autres du fait de voir son sang s’échapper de son corps. Non, j’aime beaucoup voir mon propre sang aussi, ça me procure une sensation inimaginable, des frissons qui me parcourent tout le corps. Personne ne peut savoir ce que ça fait de voir ce liquide écarlate, représentant de ma vie, couler le long de ma peau pâle et ce goût de fer lorsque je passe ma langue visqueuse dessus. Ces frissons qui parcourent mon corps tout entier lorsque je sens par malheur une lame me traverser la peau. Car, oui, même si je suis connu pour mon efficacité, je me dois d’avouer qu’en combat physique, je suis faible. Ça m’arrache la gorge, me tue de l’avouer mais dans ce domaine je suis faible. Je n’aime pas ça. Mais j’ai appris à contourner cette faiblesse, si je reste bien à distance, sans accrochage je peux facilement faire tomber ma proie et la dévorer lentement.

Je continue de sourire en entendant l’autre vieux monsieur pousser des cris d’horreurs, en même temps, qui pourrait résister à ce spectacle ? Tellement répugnant, tellement de choses dont ce genre de personnes n’y sont pas habitués, ce genre de personnes qui restent gentiment derrière leur bureau, ne se salissant jamais les mains et laissant tout le sale boulot aux autres. Le fait que j’en reçois aussi ne me dérange pas du tout, au contraire, j’en sourie un peu plus, toujours avec cet œil, ce nouveau jouet dans la main. Je les regarde sans bouger, ne serait-ce qu’un cil, juste mon bras qui continue ses mouvement de levier avant de lancer l’œil en l’air et de le rattraper. J’aime voir les gens effrayés, ça me procure beaucoup de plaisir, surtout lorsqu’ils le sont en me voyant, moi. En voyant ce que je fais.
D’ailleurs ça me fait remarquer que l’autre blondinette ne dit rien. En même temps, ça m’aurait ennuyé qu’elle dise quelque chose, qu’elle crie. Je ne voulais pas me retrouver pris dans son charme. Maudit pouvoir. Je grimace aussi discrètement que rapidement en pensant que je suis bien bête de ne pas avoir pris quelque chose pour bloquer ces ondes sonores. Je suis bête. Je n’aime pas cela. Que je me traite moi-même d’idiot, c’est bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez moi. Je ris jaune en pensant à ce qu’il vient de passer dans ma tête. Le jour où l’on trouvera quelque chose de normal, quelque chose qui va très bien chez moi, ce sera la fin du monde.

J’entends un soupir qui me tire de mes pensées si plaisantes. C’est cette fille, je la regarde, de haut en bas, toujours ce sourire si mauvais inscrit sur mon visage. Qu’est-ce qu’elle veut ? Elle s’ennuie ? Si elle veut, je peux arranger ça et commencer par elle. Après tout, ce n’est pas comme si je devais me méfier de l’autre gros porc. Entre eux deux, c’est bien elle, la plus apte à m’arrêter. Bien que ce soit impossible. Personne ne peut m’arrêter une fois que le monstre en moi est lâché. Enfin, puis-je vraiment parlé d’un monstre tenu en cage ? Ce n’est pas comme si j’avais une double personnalité, non. Je suis moi-même Ahn Kyuseong, je suis le monstre tout simplement.

Elle me défie cette femme. Elle ne veut pas que je tue cet homme, qu’elle se défende pour elle-même, je pourrais comprendre mais… cet homme ? Ce n’était pas comme s’il était tout sympathique avec elle, pourquoi le protège-t-elle ? Elle aurait dû faire comme moi dès qu’elle en avait l’occasion, c’est-à-dire le tuer. Se libérer de son joug. A quoi bon garder les faibles en vie ? Mais je crois que ce n’est pas cela qui me préoccupe le plus. Comment sait-elle que j’ai un contrat en ce moment alors que je l’ai reçu dans la journée, juste avant de la croiser. Je n’aime pas cela. Savoir que l’on sait des choses sur moi. D’habitude c’est moi qui sais toujours tout sur les autres, pas l’inverse. Non, Kyuseong, on se calme, elle ne fait que supposer. Après tout c’est mon métier, non ? Qui a-t-il de mal à ce qu’elle sache ? Tu t’en fous complètement, non ?

« Oui, j’ai peut-être un contrat en ce moment et alors ? J’ai le droit de m’amuser, non ? Et ce n’est pas comme si je devais m’en occuper tout de suite. » Lâché-je sur un ton moqueur.

Elle continue en insistant. Je vais m’attirer des ennuis ? Mais sait-elle que j’ai déjà tué des personnes qui ne devaient pas l’être ? Ils s’en moquent bien, ils comprennent que j’élimine les faibles de cette société, ceux qui ne méritent pas de rester en haut de l’échelle, ceux qui pourrissent le système jusqu’à la moelle. Bref, ceux qui auraient vraiment besoin de mourir et malheureusement ou pas –pour moi heureusement- ce vieux porc qui la « garde » sous sa tutelle en fait partie. Je m’approche d’elle lentement et vient faire glisser toujours avec la même vitesse le dos de ma main contre sa joue.

« Tss. Regarde, tu es toute sale. Je m’approche alors encore, me penchant afin que ma bouche soit au niveau de son oreille, tu es une fille intelligente, tu devrais pourquoi savoir que tout cela m’est égal, Su Hee. »

J’ai insisté sur mon prénom puis me suis redressé et l’a laissée en plan afin de me diriger vers l’autre personne qui me dérange. Je veux commencer par lui, je l’ai décidé. Il mourra en deuxième, autant garde le meilleur pour la fin, non ? Je me retourne une dernière fois vers cette femme pointant la tâche noire qui a d’emprisonné ses chevilles afin qu’elle ne puisse plus bouger.

« Ne pense même pas à me déranger, beauté. »

J’arrive à hauteur de l’homme et lui attrape les cheveux. Je tire un coup sec dessus le faisant crier de douleur, mais ce n’est pas encore ça. Ce n’est pas assez. Je repense alors à mon petit jouet. Oui. Je l’ai toujours dans la main. Je le mets bien devant son visage, peut-être trop prêt car il était en train de loucher, mais je m’en fiche bien.

« Dis, est-ce que tu as faim ? »

Je commence par lui attraper la mâchoire et appuie avec toute la force que possède mes doigts sur ses joues afin d’ouvrir cette bouche dégoutante. Je lui ordonne un « avale » froid et cassant tout en essayant de faire passer l’œil de l’autre gamin entre ces dents. C’est qu’il ne veut pas se laisser faire, lui. Tant pis. Je prends ferme deux secondes les yeux afin de me concentrer correctement, puis je bouge légèrement la tête sur le côté, créant l’ombre de cette dernière sur le visage du futur mort. L’ombre est là, je la fais bouger, elle descend le long de sa poitrine, et vint, tout comme elle l’avait fait pour le neveu quelques minutes plus tôt, griffer jusqu’au sang la poitrine de l’homme répugnant, arrachant au passage ses vêtements. Il crie. Sa bouche est ouverte. J’en profite. Je mets l’œil dans sa bouche, puis la referme aussitôt, m’aidant de mon ombre afin d’avoir plus de force sur cette mâchoire plus qu’embêtante. Au bout d’une minute, il a enfin compris que ça ne servait à rien de résister à part à m’énerver, chose qu’il vaut mieux éviter pour sa propre sécurité je pense.

Il a avalé. Bien. Gentil homme. Je le regarde avec ce grand sourire satisfait inscrit sur les lèvres avant de, encore une fois, le tirer par les cheveux.

« Alors, qu’est-ce qu’on pourrait faire de toi ? Finir dans une boite ? Te dépecer vivant ? Allez, donne-moi des idées… Et toi ? Je me tourne vers Su Hee, tu ne sais pas ? »
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Yoon Su Hee
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Jeu 14 Fév - 4:42

A voir Kyuseong rire ainsi, couvert de sang, je ne peux m'empêcher de penser que dans le monde d'avant la catastrophe, il serait sûrement enfermé dans une cellule capitonnée. Incapable de blesser quiconque, y compris lui-même. A moins que sans son pouvoir, avec une famille aimante pour l'élever, il soit différent. Peut-être qu'un citoyen modèle se cache quelque part en lui.

Enfin, ça n'a pas d'importance. Actuellement, Kyuseong est tout sauf un homme innocent et pacifique. La preuve en images.
« Le droit de s'amuser »... Parce que tuer des gens est très drôle, effectivement. Tout ça n'est qu'un jeu pour lui, hein? Quelque chose pour passer le temps.

Je réprime l'envie de reculer alors qu'il avance vers moi. Je n'aime pas beaucoup l'idée qu'il puisse – ou veuille – me toucher : ça ne me paraît pas très sain pour moi. Je dois me retenir d'empoigner mon arme. Cela me forcerait probablement à le tuer, et je n'ai pas le droit. Pour l'instant il ne m'a rien fait, et je n'ai pas l'intention que ça change. Alors j'évite les gestes susceptibles de le provoquer. J'ai toujours cet espoir fou que la situation se règle sans effusion de sang supplémentaire.
Sa main contre ma joue, ses mots susurrés à mon oreille... Je suis prise entre deux instincts incompatibles. Sa proximité veut forcer mes paupières à se fermer et un frisson à remonter ma colonne vertébrale. Mais mon entraînement et mes convictions me poussent à causer la rencontre de mon genoux et de ses bijoux de famille. Profiter de sa chaleur ou l'écarter de moi. Au final, je me force à rester immobile, impassible. Je ne connais pas les règles de ce jeu auquel il joue. Je suis obligée de les deviner au-fur-et-à-mesure et ça m'insupporte. Jusque là, j'ai refusé de jouer, seulement j'ai bien l'impression qu'il veuille m'y obliger. La façon dont il se comporte avec moi... Dans d'autres circonstances, avec d'autres mots, ça ressemblerait presque à de la séduction.
Qu'est-ce qu'il veut? Que je perde mon sang-froid? Que je sorte de ma réserve? Pourtant, il m'a appelée par mon prénom : il me connaît. Il doit bien savoir, alors, que ce contrôle est ce qui tient mon pouvoir en respect.
Au final, ne pas jouer revient sûrement à perdre. Et je m'y refuse. Je n'ai pas prévu de mourir aujourd'hui.

- Ne pense même pas à me déranger, beauté.

Je laisse un fin sourire apparaître sur mes lèvres quand je vois mes chevilles emprisonnées. Il m'empêche de bouger? J'avais raison : il veut me forcer à jouer avec lui. Je ne vois pas d'autre explication.
Je ne vais même pas me débattre. Il va me libérer de son plein grès. Pourquoi est-ce qu'il ne m'a pas bâillonnée? Il n'est pas stupide, pourtant, autrement il n'aurait pas survécu aussi longtemps. C'est presque comme s'il me suppliait d'utiliser mon pouvoir. Pourquoi le décevoir?
Il m'a laissée en plan pour se diriger vers mon patron, quelques pas plus loin. Dire que tout est de sa faute et que je vais quand même devoir sauver.
Mais pour l'instant, Kyuseong a l'air de vouloir s'amuser avec lui. Ce qui me laisse un peu de temps.
Je baisse la tête, comme si j'examinais le noir autour de mes chevilles. En fait, j'ai les yeux dans le vague, pour mieux pouvoir me concentrer. Les paroles de Kyuseong et les cris de sa victime passent en arrière-plan. Je rassemble ma volonté et le pouvoir qui se cache derrière. S'il comprend mes intentions avant d'être influencé par ma voix, ce serait très contre-productif. Je ne vais pas le sous-estimer. Il pourrait arriver à m'empêcher de parler.
Je tourne la tête vers Kyuseong quand je l'entends de nouveau parler. Je vois son grand sourire, sa main dans les cheveux de mon patron, ses yeux dans les miens.

- Et toi? Tu ne sais pas?

En fait si, je sais très bien ce que je vais faire. Un mot, et il devient mon psychopathe à moi.

- Déjà, libère-moi, veux-tu?

Je projette toute ma volonté derrière chaque son. Je suis certaine qu'il va me relâcher. Parce qu'en cet instant, il veut me faire plaisir. Comme si j'étais la personne la plus importante au monde. Je ne sais pas ce qu'il va se passe, exactement, dans sa tête. Je sais seulement que je ne risque plus rien, face à lui. A moins que tuer les gens qu'il aime ne soit un comportement normal chez lui. Mais même si c'est le cas, ça n'arrivera pas aussi vite. D'ailleurs, vu la force que j'ai mis derrière mes mots, je doute qu'il soit réellement capable de réfléchir. Au moins pour une poignée de seconde.
Je m'approche de lui, un sourire sur le visage, dès que je suis libre de mes mouvements.

- Ensuite, lâche cet homme, s'il te plaît. Tu ne peux pas le tuer.

J'ignore mon patron qui recule en titubant, allant s'appuyer contre le mur le plus proche pour vomir. Je peux le comprendre. Déjà rien que l'odeur et la vision de la bouillie humaine répandue partout en ferait vomir beaucoup. Ajoutez à cela la conscience que vous venez d'avaler un œil humain et... Oui, il y a de quoi rendre ses tripes.
Je m'arrête à quelques centimètres de Kyuseong. Il a un morceau de...quelque chose - peut-être un bout de cerveau? - sur la joue droite. Je l'enlève délicatement du bout des doigts avant de me pencher pour lui chuchoter à l'oreille.

- Tu aurais dû me bâillonner.

Bizarrement, je n'ai pas envie que mon patron m'entende. Comme si c'était un secret entre nous. Enfin, ça n'a pas vraiment d'importance.
Je me recule et recommence à parler normalement, sans me préoccuper de ma voix ou de mon pouvoir. De toutes façons, c'est trop tard, maintenant.

- Qu'est-ce que je vais faire de toi, Kyuseong?

Je ne sais pas ce qu'il va se passer. C'est un peu comme une expérience, dans un sens. D'habitude, je pose mes questions, ils répondent, je les tue. Fin de l'histoire. Mais là... Je ne sais pas comment il va réagir, quand il comprendra ce que je lui ai fait. Certains comprennent rapidement, d'autres meurent avant d'avoir saisi. Parfois ils s'effondrent parce que je les force à trahir leurs camarades. Mais la situation est différente avec Kyuseong. Et puis il y a le problème de cette soif de sang... Je doute qu'elle est disparue ainsi, en un claquement de doigts. Ce serait trop facile.
Sincèrement, qu'est-ce que je vais faire, maintenant? Je suppose que je pourrais toujours le renvoyer chez lui... Mais c'est excitant, d'avoir quelqu'un comme Kyuseong sous son emprise. Et terriblement dangereux aussi. Je doute qu'il apprécie l'expérience, et je sais que les gros bonnets seront tout sauf heureux.
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Mer 6 Mar - 12:34

Tout d'abord désolé pour le retaaard. ;o; Non, je suis toujours à fond dans le contexte du Rp mais j'ai eu quelques soucis ces derniers temps, au niveau moral et physique. Donc pardon, en plus la suite est nulle. ;____;

Je joue, encore. Après avoir eu l’enfant, je m’attaque à l’adulte. Si irresponsable, si cruel envers ceux qui n’ont pas de place dans son cœur de pierre, si pathétique. Peut-être que je pourrais me considérer comme un justicier ? Dire que j’ai débarrassé ce monde d’une ordure comme lui. Oui, peut-être, un jour. Je ris. Je le regarde, cette personne si faible en train d’avaler l’œil de son neveu. C’est drôle, surtout la tête qu’il fait. J’ai l’habitude de voir les gens de cette manière, la terreur inscrite sur leur visage, les supplications pour que j’arrête mon jeu. Pourquoi arrêter ? Je m’amuse, je me détends, je suis bien. Je me sens comme un enfant en train de prendre plaisir à jouer au nouveau jeu qu’il vient de recevoir. Je suis content, il souffre. Tout va bien. Que pourrais-je lui faire maintenant ? Lui couper un bras ? Lui arracher les ongles un par un ? Je pourrais aussi lui faire un collier avec ses nerfs, ou alors, enlever toute cette graisse à coup de couteau, ça sera aussi efficace qu’une liposuccion et moins cher. Je sourie. Toujours avec ce même air qui respire le sadisme. Oui, mes pensées me font sourire. Je jubile rien qu’à l’idée de ce que je vais préparer pour lui. Je pense que j’aurais pu devenir chirurgien, si j’avais eu une vie différente, si comme tout le monde, ces gens qui m’ont amenés en ce monde m’avaient appréciés ne serait-ce qu’un minimum, je pense que j’aurais pu avoir une autre vie, une autre façon de penser, de réagir, complètement, un autre moi. Un Kyuseong tout mignon, tout gentil, toujours souriant, chaleureux avec tout le monde. Je frissonne tellement cette vision me dégoute. Ca n’arrivera jamais. JAMAIS. Même pour être chirurgien, ouvrir ces corps vivants, chercher à l’intérieur, trifouiller. Chose que j’aime, surtout lorsque la personne est consciente et ressent tout ce qu’il se passe.

Je me suis de nouveau perdu dans mes pensées, il faut vraiment que je perde cette habitude-là. Ca peut-être contraignant, surtout en plein combat par exemple. Bien que je ne sois pas assez bête pour me faire avoir simplement parce que je pensais. Je ne suis pas stupide.
Je me retourne, la regarde, elle qui n’a pas bougé d’un pouce, elle qui observe le spectacle de loin. Je l’envie, ça doit être tellement jouissif de voir la victime et le meurtrier en même temps, en train de jouer leur rôle. Quoique, je ne pense pas que je pourrais échanger ma place, rester impassible alors qu’autant de sang s’écoule, ne rien faire alors que ce liquide visqueux écarlate s’étale sur le sol, voir un homme prit de panique parce qu’il vient d’avaler un œil… Non. La place du tueur est de loin la meilleure mais revenons à notre problème : Que faire de lui ? Je lui pose la question, mais comme il fallait s’y attendre, il ne répond pas. Trop occupé à pleurer comme une de ces pauvres petites tapettes. Que c’est plaisant et tellement chiant. Jusqu’ici je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui n’a pas réagi après avoir avalé l’œil d’un proche ou le sien, les humains sont tellement prévisibles, surtout les faibles dans son genre.
Je me retourne vers cette fille, Yoon Su Hee qui est restée tout ce temps en spectatrice et lui pose la même question, peut-être que elle, pourra m’aider. Je ris. Personne ne m’aide, je n’en ai pas besoin et je doute très fort qu’elle veuille le faire.

Et là, Ce fut le choc. Le son, ce son, cette voix, sa voix, à cette fille. Je ne comprends plus rien, je me retourne complètement, la regarde. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ? C’EST QUOI CAAA ? Je ne comprends vraiment pas, ça m’échappe, ça m’énerve. Je devrais le savoir, je connais son pouvoir même si je ne l’ai jamais testé, alors pourquoi je me sens si faible, si perdu en un instant ? C’est ce son, c’est sa voix. J’aurais dû m’écouter, prendre de quoi me protéger mais je ne l’ai pas fait, cette simple erreur de débutant. MAIS MERDE. Je me rends compte que mon ombre se retire, mais pourquoi ? Je lui ai obéis ? Ahn Kyuseong obéit à une pauvre femme. Non, surement pas. Je rage. Pourquoi ? Elle est si différente d’un coup, elle est… Sublime.

« Ta gueule Kyuseong » murmuré-je sans qu’elle ne puisse l’entendre.

Je me contiens, la regarde, la fixe. Je n’arrive pas à détourner les yeux. Je la déteste. Elle me fait tant d’effet. Pourquoi ? POURQUOI ? Je ne connais pas ça, je n’ai pas de cœur pour faire comme les autres, « aimer ». Je ne sais pas ce que ce mot veut dire. Mon cousin m’a déjà expliqué que ça pouvait représenter notre relation, mais là c’est différent, je le sais. C’est différent, je déteste ça. Je la regarde, haineux. Elle me demande de lâcher son patron. Ce que je fais. Encore une fois j’ai envie de me frapper pour ma stupidité. Je ne dois pas. Je devais le finir. Je me fiche complètement de ce qu’il lui arrive, je l’entends juste gémir de douleur et autre chose qui m’informe qu’il doit être en train de se vider de se tripes. Ils ne leur faut vraiment pas grand-chose à ces pauvres hommes.

Elle s’approche de moi. Je ne sais pas pourquoi, je sens mon corps se réchauffer, une drôle de sensation s’empare de mon estomac. Mais bordel, brûlez-moi. Elle continue, je sens sa main effleurer ma joue dans le but d’enlever un des restes du petit. A quoi joue-t-elle ? Je n’ai pas le temps de me poser deux fois la question qu’elle me murmure dans l’oreille. Je sens de nouveau comme un frisson qui me parcourt, cette chaleur qui me remplit. J’en ai marre. Je ne suis pas faible, je n’ai pas le droit. Ahn Kyuseong est tout sauf faible. J’ai comme une impression d’inversement des rôles. Qu’est-ce qu’elle veut faire avec moi ? Personne ne me contrôle, PERSONNE. JE suis celui qui contrôle les gens, JE SUIS celui qui joue avec leur vie. Celui qui décide du destin de mes jouets. Et ce n’est pas elle qui va changer quelque chose. C’est ce que je pense, mais je sais que ce ne sera pas vraiment cela. Quelque chose a changé.

Je passe doucement mes bras autour de ses hanches avant de refermer l’étreinte dans le bas de son dos et de venir la plaquer brutalement contre mon corps fin.

« Qu’est-ce que tu crois faire, là ? » Murmuré-je contre son oreille.

Je remonte lentement mes mains pour les redescendre juste après, caressant cette partie devenue tout de suite très intéressante à mes yeux. Son pouvoir, je suis complètement pris dedans, je n’aime pas ça. Car, bien que je sois conscient des choses, je sais que je ne pourrais rien changer, pour l’instant. Sauf que ce qu’elle ne sait surement pas c’est que je ne suis pas du genre romantique, soumis à sa belle. Ah, ça non. Je ne pourrais jamais m’abaisser à cela. Pour moi, ce n’est juste que l’appel de la chair. Le reste, je ne connais pas.

Puis cette fois, c’est autre chose qui né en moi, quelque chose de plus violent, comme un rejet de ce sentiments qui s’est installé en moi, comme si mon corps, mon cerveau, tout en moi le refusait. Je me recule alors aussi brusquement que lorsque je l’ai amenée à moi et lui attrape les cheveux avant de tirer violement dessus pour rapprocher son visage du mien.

« Tu te crois plus forte ? Ton pouvoir ne marche aucunement sur moi car, je ne connais pas cette chose qui fait que les hommes soient attirés par toi. Dommage n’est-ce pas ? Maintenant laisse-moi finir ce que j’ai commencé. »

Je la relâche non sans douceur et continue de la fixer. Je n’arrive pas à détourner mon regard et ça m’énerver. Je persévère et brise enfin ce lien entre nos regards pour diriger le mien vers cet homme complètement délaissé. Bizarrement, il se trouve à quels mètres plus loin, essayant de s’enfuir. Quel lâche. C’est donc d’un pas peu décidé que je pars à sa poursuite, prenant tout mon temps, ne me sentant pas vraiment pressé.

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Yoon Su Hee
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Jeu 28 Mar - 17:29

Il m'a suffit de quelques mots. Quelques mots pour que Kyuseong me libère et arrête de torturer mon patron. Il me suit des yeux, sans bouger un muscle. Est-ce qu'il en est capable? Est-ce qu'il est en train de se battre contre mon influence? Est-il en train de hurler de colère dans son esprit? Je pense que oui. Quelque chose brille au fond de ses yeux. Quelque chose qui me fait penser que oui, il se battra jusqu'au bout. Et que non, il n'apprécie pas le lavage de cerveau. Pas du tout même. C'est le genre de regard qui réveille les vieilles tentations. Une partie de moi veut voir ce qu'il faudrait pour briser Kyuseong. Pour qu'il ne pense plus à se battre, qu'il me regarde avec adoration et fasse tout pour me rendre heureuse, peu importe les implications. Je sais que je pourrais le persuader de se jeter du toit d'un immeuble. Mais combien de temps il me faudrait?
Le fait même qu'il reste immobile alors que je suis si proche de lui, que je le touche, que je lui chuchote à l'oreille, me délecte. L'idée que s'il le pouvait, il m'aurait probablement déjà tuée.

Il bouge enfin, pour m'attirer contre lui. Ma question l'aurait-il fait réagir? Le tout-puissant Kyuseong ne doit pas avoir l'habitude qu'on le traite ainsi.
Je reste immobile dans le cercle de ses bras. J'aurais presque envie de laisser aller, juste pour quelques instants, de profiter de cette étreinte. De poser ma tête sur son épaule, de laisser mes bras s'enrouler autour de sa taille. Cela fait un moment que personne ne m'a pris dans ses bras. Il faut dire que le toucher est lié à beaucoup de pouvoirs. Dans notre monde de violence, la place accordée au contact physique est minime.
Ce que je fais? Je pensais que c'était clair. Je joue avec lui. Contre lui. Et j'ai bien l'intention de gagner.
Je lui réponds à voix basse – sans pour autant murmurer – alors que ses mains se promènent dans mon dos.

- Ce que tu voulais. Non?

Je ne suis pas vraiment surprise quand il s'écarte pour mieux pouvoir m'attraper par les cheveux. Il fallait bien qu'il réagisse à un moment donné. Kyuseong n'est pas vraiment un chaton sans volonté, après tout. Encore une fois je me laisse faire, un mélange d'innocence et de surprise sur le visage. Je veux voir ce qu'il va faire. Ce qu'il pense pouvoir faire.
Les yeux légèrement écarquillés, la bouche entrouverte, je le laisse déverser sa colère sans protester, alors même que la douleur irradie de la racine de mes cheveux. Il va finir par me donner une migraine, à tirer ainsi.
Quand il me relâche enfin, je le regarde avec intérêt s'éloigner. Lentement, mais il le fait. Il va à l'encontre de mes ordres, et il le sait. Et pourtant il soutient mon regard pendant un moment avant de se détourner. Comme pour me mettre au défi de réagir. La tentation se fait plus pressante. Ce désir sadique de jouer avec mes pantins que j'ai appris à repousser au plus profond de mon esprit. Peut-être qu'il aurait besoin d'une leçon. Je pourrais le laisser s'amuser quelques minutes, le lasser penser qu'il a gagné, que je ne vais rien faire. Puis je l'arrête. Ce serait intéressant. Quelle quantité de pouvoir il me faudrait pour l'interrompre comme ça? Mais je ne le ferai pas. Ce serait cruel. Et pour Kyuseong, et pour mon patron. Je suis déjà une tueuse. Je refuse de devenir une meurtrière sadique.
Il m'agace. Kyuseong m'agace. Je n'essaye pas de le cacher. Qu'est-ce que ça changerait, de toutes manières? Ma voix est dure et plate, comme il se doit.

- Arrête-toi, Kyuseong.

Je le dépasse et rejoins mon patron, qui a manifestement très envie de partir. Je peux difficilement lui en vouloir. Même si c'est en partie à cause de lui qu'on s'est retrouvé dans ce bourbier.
Je n'ai pas réfléchit, le chuchotement face à mes supérieurs trop ancré en moi. Kyuseong ne doit probablement pas nous entendre.

- Vous devriez rentrer, Monsieur. Je m'occupe de lui.

Je sors mon arme et la lui tend, crosse en premier. On ne sait jamais. Je ne devrais pas en avoir besoin, en revanche, lui...
Il l'empoigne et la soupèse comme s'il savait s'en servir. A priori il ne se tirera pas dans le pied, c'est déjà ça.

- Je veux te voir à la première heure dans mon bureau, Su Hee.
- Oui Monsieur.

Je me détourne alors qu'il s'éloigne, reportant mon attention sur Kyuseong. Je me rapproche, m'arrête à quelques mètres de lui. Il m'agace toujours autant. Il réveille de vieilles tentations, me désobéit, est un mauvais perdant.

- Quand je dis que tu ne le touches pas, tu ne le touches pas. C'est pourtant clair, non?

Que va-t-il faire maintenant que sa proie s'éloigne? Bon Dieu, comment est-ce qu'on contrôle cet homme? En le brisant. Mais qu'est-ce que je vais dire, après? « Excusez-moi, j'ai poussé un peu trop fort. Excusez-moi d'avoir cassé votre jouet préféré. » Sûrement, oui.
Je repense à la façon qu'il a eu de m'enlacer, de me toucher, plus tôt. Peut-être que j'ai une option. Sans le quitter des yeux, je me baisse pour récupérer le stylet – petite chose très pratique en ville – dans ma botte.
Je tends les deux mains vers lui. Le stylet dans l'une, l'autre paume ouverte – vide.

- De quoi as-tu le plus besoin, Kyuseong? Tu choisis.

Une fois sous mon influence, certains recherchent le contact physique. D'autres n'en ont pas besoin, se contentent de me satisfaire en faisant ce que je leur demande. Peut-être qu'il fait partie de la première catégorie. Je suis toujours un peu mal-à-l'aise avec ceux-là. Cela pourrait trop facilement déraper. La plupart sont morts avant d'avoir pu démontrer ce genre de besoins, de toutes façons.
Je n'ai jamais aimé utiliser mon pouvoir. Déjà, il m'a rarement apporté autre chose que des ennuis. C'est à cause de lui que j'ai été enlevée de l'orphelinat. C'est encore à cause de lui que j'ai attiré l'attention des Lachesis. Mais je suppose que cela fait partie de l'endoctrinement. Si j'appréciais trop mon pouvoir, j'aurais probablement pris le contrôle de mes supérieurs depuis longtemps. Je n'aime pas mon pouvoir parce qu'il ressemble à un viol. A un lavage de cerveau.
Je donne le choix à Kyuseong parce que je ne peux pas le laisser partir ainsi. Avec ma chance, il s'en prendra au premier être humain qu'il croisera. Soit je trouve un moyen de le détourner du sang et de la souffrance... Soit je saigne. Ou il saigne, après tout.

- Pourquoi est-ce que tu n'accepterais pas ta défaite? Comme ça on pourra aller prendre une douche.

Et Dieu sait que nous en avons besoin.
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Ahn Kyuseong
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MessageSujet: Re: La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee Dim 28 Avr - 16:27

HRP : Encore désolée du retard, c'est pas super et je fais rien avancer du tout. ><

J’ai été pris dedans, emprisonné de cette voix qui s’installait dans ma tête afin de me donner ces directives totalement absurdes à mes yeux. Il est vrai que j’ai été bête sur ce coup-là, bien que ça me tue de l’avouer. Cette femelle, cette pauvre femelle pense pouvoir m’avoir ? Elle se trompe. Personne ne peut. Je ne suis à personne, pas même à ces personnes qui m’ont mise au monde pour m’abandonner par la suite. Je n’appartiens qu’à moi-même, mes pensées ne sont qu’à moi, mes gestes et ma parole. TOUT m’appartient. Alors oui, ce pouvoir plus que dérangeant m’énerve au plus haut point possible. Cette pauvre femme. Elle avait voulu jouer avec moi, mais elle perdait. Car oui, elle veut me faire tomber « amoureux », mais malheureusement pour elle, je ne connais pas ce sentiment, je ne connais rien de tout ça, je n’ai jamais été apprécié et je n’ai jamais apprécié quiconque. Bien sur mon cousin se tue à me répéter que le lien entre nous est une forme d’amour, pour moi ça reste un besoin, une utilité mais jamais « amour ». Néanmoins, bien que je lutte de toutes mes forces afin de résister à cette voix dans ma tête qui tente de tout effacer, de me laver le cerveau et me laisser en état de légume obéissant sagement à sa maitresse, je sais que je craque, un peu. Ca me tue, je ne peux pas, je ne dois pas. Ahn Kyuseong n’est pas comme ça, il se doit d’être fort, puissant. Je l’avais prise dans mes bras, l’emprisonnant dans cette force produite par mes muscles fins. Je pensais avoir un coup d’avance sur elle, étant prêt, ressentant mon corps m’obéir de nouveau, je pensais pouvoir la dominer, jusqu’à ce qu’elle me sorte cette réponse me faisant inconsciemment frissonner de partout. Je la déteste, OH OUI, je la hais. Je veux qu’elle disparaisse, qu’elle meurt, que son corps soit éparpillé aux quatre coins de cette rue, que personne ne puisse la reconnaitre, l’identifié comme étant le corps de Yoon Su Hee. Ce corps si magnifique et attirant. ARGH. Enervé, je lui tire les cheveux en arrière sans douceur, montrant bien ma colère face à son pouvoir, face à elle. Qu’est-ce qu’elle pensait ? Qu’elle m’aurait ? Elle ne m’aura jamais, JAMAIS. Je la lâche, je recule, je tente de résister. Vais-je résister longtemps ? Je ne sais pas, ça m’énerve, tout m’énerve. QUOI ? C’est quoi son problème, je me détourne d’elle, je suis ma proie, cette chose peureuse qui tente de s’enfuir, j’avance vers elle, lentement, essayant de cacher le fait que je dois me concentrer profondément afin de pouvoir ne serait-ce, ne plus poser mes yeux sur son corps de rêve. Je me gifle mentalement. Mais que dis-je ?

Mais encore une fois, je ne peux pas atteindre mon but, ma proie, ce porc qui ne mérite pas son existence en ce monde. Les gens pourraient se demander qui suis-je pour décider de qui a sa place ou pas, mais c’est comme cela, ça a toujours été les dominants qui décident de ceux qui faut tuer et de ceux qu’il faut laisser vivre, je suis fort, je suis Ahn Kyuseong, je suis dans ces dominants et c’est bien pour cela qu’il faut que je lutte, je ne peux pas m’abaisser à cette femme, non. Je ne dois pas tomber dans ses filets à cause de cette voix, cette si belle voix qui vibre à mes tympans comme un son venant directement du paradis. Ta gueule, vraiment.
Je la vois passer devant moi, rejoindre son moins que rien de patron, pourquoi le garde-t-elle en vie ? Elle pourrait le tuer à n’importe quel moment, elle n’est qu’une pauvre fille stupide. Ils chuchotent entre eux, je n’entends rien. Je n’ai pas besoin, ça doit être une conversation de perdant, la fille demandant à son boss de fuir, en lui donnant une arme apparemment. Comme s’il pouvait s’en servir, ce vieux machin. Il n’est même pas capable de déplier un couteau suisse. Je ne bouge plus, je les regarde faire, toujours cette impression de pression dans ma tête, elle est toujours là, du moins son don. Il reste présent. Je n’aime vraiment pas ça. Je la déteste, merde ! Elle se rapproche de moi et ose même de donner un ordre. Sa voix résonne de nouveau dans ma tête, j’ai envie de répondre oui, de faire ces quelques pas qui nous séparent pour me rapprocher encore d’elle. Mais je ne suis pas ce faible, non. Personne ne me fera aller dans cette chose qui s’appelle la tendresse. La seule tendresse que je connais est celle de donner une mort sans souffrance.
Je ne sais pas ce qui m’énerve le plus. Voir ma proie partir au loin, s’enfuir tel un lâche ou de me savoir à moitié sous le contrôle de cette femme ? C’est à s’en arrache les cheveux, la tête, tout. Je la vois se baisser et sortir une lame de sa botte. Bien. Elle veut se battre ? Très bien. Mais ce n’était pas vraiment ce qu’elle avait prévue, car je la vois tendre ses deux mains vers moi, dont l’une tenant le stylet. Je ne sais pas si c’est le fait qu’elle tente de me brouiller le cerveau mais je ne vois pas où elle veut en venir. Oui, moi Ahn Kyuseong se sent perdu devant la réaction d’une de ses victimes. D’habitude, elles se plaignent de la souffrance, elles tentent de se défendre, de fuir mais ça… Me donnerait-elle son arme pour que je la tue rapidement, simplement ? Mais c’est seulement lorsqu’elle ouvre enfin la bouche, lorsqu’elle élève la voix qui touche à nouveau mes oreilles, mon cerveau me prenant un peu plus dans son emprise. C’est dur de résister, c’est fatiguant. Je tente une parade, en faisant progresser mon ombre vers cette femme, mais sans succès, je n’y arrive pas et ça me tue. Qu’elle aille crever sérieusement ! Je la regarde dans les yeux avant que mon regarde ne se redépose sur ses mains. J’hésite. Je n’aime pas ça, je n’hésite jamais d’habitude. Pourquoi ce maudit pouvoir ? Je fais claquer ma langue, montrant mon énervement face à cette situation. Je tends ma main gauche, la levant afin qu’elle soit à la même hauteur que les siennes. Je reste là, pendant une ou deux bonnes minutes à attendre, à réfléchir, si je peux le dire. Car peu importe la réponse que je choisirai, ça ne sera pas moi, ce n’est plus moi. A partir du moment où elle m’a prise dans son pouvoir, ce n’est plus moi. Mais alors, pourquoi ne pas en profiter ? Ca fait bien longtemps que je n’ai rien fait de spécial, je me sens un peu ramolli à ce niveau-là. Je ferme les yeux, soupire et me laisse aller, je laisser cette voix m’envahir, ce pouvoir et brusquement, j’agrippe sa main libre, l’attirant contre moi. Je m’empare de son stylet habilement et le jette au loin. Sans attendre plus je me mets à lécher son cou, n’était pas du tout gêné par les reste du gamin, la chaire et autres choses gluantes se trouvant dans un corps humain ne m’ont jamais dégoutés, au contraire. Je continue ma découverte de son cou, la serrant aussi fort que je peux, sans pour autant l’étouffer, juste le nécessaire afin qu’elle ne s’échappe pas.

- La douche, c’est une invitation n’est-ce pas ? Dis-je, la voix un peu plus grave que d’habitude.
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La recette du désastre | Kyuseong & Su Hee

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