AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

Renaissance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Park Jae Lin
KATHARSIS ▲ DELTA
avatar
Age : 21 ans
Pouvoir : La Moïra
Pseudo : Aloysia
Messages : 74
Date d'inscription : 23/09/2012

MessageSujet: Renaissance Lun 19 Nov - 23:09

Citation :

Renaissance




AHN Kyuseong & PARK Jae Lin.

Août 2049 - 23h47.





Dernière édition par Park Jae Lin le Lun 19 Nov - 23:11, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Park Jae Lin
KATHARSIS ▲ DELTA
avatar
Age : 21 ans
Pouvoir : La Moïra
Pseudo : Aloysia
Messages : 74
Date d'inscription : 23/09/2012

MessageSujet: Re: Renaissance Lun 19 Nov - 23:10

La porte claque violemment.
Ça y’est. Il est parti. Enfin. Il est parti… Pitié, dites-moi qu’il est parti pour de bon cette fois. J’ai mal. Si mal. Je crois revivre le pire à chaque fois que mon cœur se permet une nouvelle palpitation.
Pour des tas de raisons je suis affolée de douleur. Parce qu’il a surdosé les calmants, je ne parviens même pas à m’énerver assez après lui pour laisser l’Hybris le corriger.
Mais au fond, même si ce n’était pas le cas, je crois être définitivement guérie de ce fléau. Guérie ? Non plutôt immunisée. La seule pensée de ce pouvoir et…
Voilà, c’est bien ce que je vous disais. Des larmes. Je ne sais même pas pourquoi je pleure. Ce Ahn Kyuseong, je le haïssais. Les seules paroles que nous nous étions jamais échangées n’étaient faites que de ça, de la haine, du mépris, de la colère. Je ne pouvais pas le voir, pas même en peinture. C’était un criminel, un cinglé avide de sang et de souffrance. Je le détestais. Et jusqu’au dernier moment de sa vie, il a dû me prouver que cela était réciproque. Le miroir attaché au mur le plus éloigné de moi me renvoi mon reflet. C’est pitoyable tant de marque sur un même corps. Tant de plaies qu’il a ouverte, et je sais bien en vue du trou béant qui cicatrise encore à mon flanc qu’il a tenté de m’emmener avec lui. Fatalement, cela aurait été préférable à ce dilemme intérieur qui semble ne jamais vouloir cesser.
Depuis que j’ai repris conscience, depuis que Jin m’a jeté au visage le portrait de la meurtrière que je suis devenue, je ne cesse de faire la liste des excuses qui pourraient soulager ma conscience.
Assassin. Fou. Insupportable. Calculateur. Sans pitié. Sadique. Irrespectueux. Insultant. La liste est encore longue. A bien résumer les choses, tout ce qu’il a été et a fait ne sont pour moi que des arguments de plus pour étayer ma haine.

Mais mes larmes ne cessent pas pour autant. Mon cœur se serre même un peu plus.
Des excuses. Je me cherche des excuses pour avoir tué un homme.

Ce n’est pas le remord qui me grignote petit à petit, j’ai déjà coupé court à plus d’une vie, je n’ai jamais été si sentimentale.
Peut-être parce que cette fois l’Hybris ne s’est pas déclenchée alors que j’étais face à la mort ? Non, ce n’était pas le cas non plus avec mes supérieurs, ça n’a d’ailleurs été le cas qu’une seule fois. Je chasse cette piste. Pourquoi, ô grand pourquoi un tel chagrin pour un homme dont, à priori, je déteste tout.
L’une de mes larmes s’écrase alors sur ma main, et je me souviens. Je me souviens de ses larmes à lui. De cette silhouette d’enfant apeuré, retenant toujours ses larmes mais s’en brûlant la gorge. De cette peur de la mort qu’il infligeait désormais sans l’ombre d’un remord. Un enfant brisé devenu cassant. Cette mentalité de fer qu’il s’obstinait à afficher c’était si agaçant. Je le méprisais de tant d’autosuffisance. Mais il n’est plus là aujourd’hui. De cette main sur laquelle sèche ma larme tombée, j’ai versé son sang jusqu’à le priver de la vie. Et j’ai beau retourner le problème d’une centaine de façon, me trouver un millier d’excuses pour me dire qu’il le vaut mieux ainsi, rien n’y fait. Je devine son regard meurtrier et glacial sur moi, je crois sentir sa colère, et tout ce que je souhaite c’est me jeter à son cou et lui demander pardon.

Pardon car je te voulais du mal. Du mal pour toujours. Mais on ne peut avoir mal une fois mort.
Et tu n’auras plus jamais mal. Je ne te ferai plus jamais de mal.
Et cela me fait si mal…

L’arroseur arrosé ? Est-ce bien possible d’être si conne ?
Je ferai pourtant mieux de m’intéresser à mon sort comme je l’ai toujours si bien fait. Car je suis là, étendue sur le carrelage froid de ce laboratoire puant. Je suis là, couverte de nouvelles plaies et de son odeur qu’il a laissée sur moi. Ça me dégoute, je voudrais frotter les endroits de ma peau que sa bouche a touchée, mais mes poignets rougis par sa poigne n’en ont pas la force. Je voudrais me lever, me couvrir. Je n’ai toujours pas quitté ce stupide vêtement noir qu’il me fait revêtir à chaque visite comme s’il s’agissait d’une blouse d’hôpital. Trop court pour être une robe, trop long pour être un haut, et en plus de cela, je n’ai même pas le maigre privilège d’avoir des manches pour me réchauffer de ce sol dur et froid. Rien que des bretelles qui se détendent un peu plus à chaque fois qu’il les tire. Je hais tout cela. Je hais cet homme.
Un hoquet vient se mêler à mes larmes. Je haïssais aussi Kyuseong de la même façon. Je dois être tordue. Oui je suis cinglée, ils m’ont rendus comme ça, incapable de distinguer la haine de tout autre chose.

Je tire un peu plus sur le lien de la sangle qui m’enserre les poignets et me lie à un tuyau de la pièce. Je ne réussis qu’à me faire un peu plus mal. Je ne suis plus à cela près après tout…
Je regarde ses mains meurtrières, ma tête me tourne. J’ai ôté la vie à un homme. Ça me dégoûte. Cette seule idée me dégoûte. Je viens de comprendre pourquoi Kyuseong avait plus d’importance que les autres.
Par-delà notre rancœur commune, je le connaissais mieux que personne ne l’aurai jamais connu. Mon regard avait percé son histoire que j’avais lue, involontairement, sans la moindre pudeur. Je le connaissais. Son passé, son présent. Je me mords la lèvre. Lorsque les miennes étaient posées contre les siennes, j’aurai du regarder quel avenir l’attendait pour faire que les choses se fassent autrement. J’ai manqué de curiosité au seul moment de ma vie qui le réclamait. Cela me retourne davantage le cœur. Mes poings frappent le sol, je jure. Merde, ça aussi je l’avais presque oublié. Son baiser se pressant sur moi, la silhouette de son corps au-dessus du mien… Comment ai-je pu le toucher ainsi ? Comment ai-je pu le laisser me dompter à ce point. Je claque ma langue contre mon palet. Ça n’a aucun sens, c’est dégueulasse à vomir !

A croire que décidemment cette nuit-là plus rien n’a tourné rond, pas même le monde.
D’ailleurs si l’on se base sur de tels faits, il ne s’est toujours pas remis en marche.
Je tente de me redresser naturellement pour me heurter au refus de mes liens. Le bel enfoiré, comme si cela ne lui suffisait pas de me retenir ici, il a noué les sangles de façon à me laisser à genoux. Croit-il qu’il suffit de forcer pour soumettre ? Je me mets soudain à haïr le monde entier, des molécules qui tournent dans l’air aux murs qui m’entourent, en passant par tous les gens que j’ai pu rencontrer au cours de ma vie. Mon esprit devient alors la scène d’un scabreux jeu de tourmente dans lequel tout et tous sont pavés de mes remarques fielleuses.
Je m’acharne, rugit. La rage m’envahit doucement tandis que je tire toujours plus fort sur ses foutues sangles ! Je me cambre au possible pour tenter de les dénouer avec mes dents, rien à faire, telle que je suis positionnée je ne peux rien faire. Je crie, hystérique. Merde, merde, merde ! Je hais ce monde, et e hais cette vie ! Je hais bien encore davantage ce sentiment qui m’empêche de tout plaquer ! Je veux qu’on me libère, je veux…!!

Une porte qui grince. Des bruits de pas qui retentissent à nouveau dans la pièce. J’ai le dos tourné à l’individu qui s’avance, mais je devine aisément de qui il s’agit. Une boule se forme au creux de mon ventre, calmant en une seconde mon excès : dois-je tenter d’implorer sa pitié ? Hurler ? Rien. Il n’y a rien à faire. Pas avec lui. Je ne peux lui résister, je le sais bien. Personne ne peut me manipuler à ce point excepté…


- « Kyuseong… »

Le temps vient de s’arrêter. Ce n’est pas Jin.
Qu’arrive-t-il à ce monde ? La bouche à demie-ouverte, les yeux ronds au possible, je le dévore du regard, de haut en bas. De bas en haut. Je rêve, hallucine. Que m’a-t-il injecté cette fois ? Est-ce un fantôme ? Non. Sa main vient toucher ma peau. Ma voix s’effrite, devient blême, trahie une incompréhension sans nom alors que dans un murmure s’échappe ces mots.


- « Tu es vivant… »


Revenir en haut Aller en bas
Ahn Kyuseong
AEGIS ▼ NIVEAU III
avatar
Age : 22 ans.
Pouvoir : Manipulation des ombres.
Pseudo : Sawa.
Messages : 86
Date d'inscription : 08/09/2012

MessageSujet: Re: Renaissance Sam 24 Nov - 7:44

Noir. Tout était noir. Je ne sais pas où je suis, ce que je fais là. Je n’entends rien, ne ressens rien. Ni même mon corps, ni même le froid ou le chaud. Je ne sais pas. Puis-je m’étonner de pouvoir encore réfléchir ? Non, ce n’est pas ça qui va m’étonner. Au moins, j’ai la certitude que je ne suis pas mort. Enfin. Non. Peut-être que je suis mort. « AAAAH ». Je viens de crier, j’ai ressentis quelque chose d’horrible au niveau de mon épaule. Ce fut comme un choc, suivi d’un flash. Ce flash tellement court mais qui racontait tellement de choses. Ma crise, mes larmes, cette fille, L’Hybris, mon épaule, son flanc. Tout. Je revoyais tout, derrière mes paupières closes. Je souffre. Tout commence à revenir, je sens des douleurs insupportables au niveau de mon épaule blessée, sur mes bras, mon torse. Tout me brûle, tout me fait mal. Arrêtez. Arrêtez de me toucher. J’ai envie de vomir. Je ne comprends pas, d’habitude j’aurais plutôt tendance à demander de continuer, masochiste comme je suis, mais là, non. Je sens le besoin de partir, d’arrêter tout cela, de savoir quelque chose. Cette fille, l’ai-je tuée ? Pourquoi je m’en soucie ? Qu’elle soit morte ou pas m’importe peu. Quoique, je crois que si elle est encore vivante, ça risquerait de m’énerver. J’aurais encore échoué.
J’entends des sons. Des paroles dont je ne peux comprendre le sens. Puis une faible lumière fait son apparition, pour devenir de plus en plus intense, trop intense. Elle me brûle les yeux. Qu’on l’éteigne. Je tente de me redresser mais en vain, mon corps refuse encore de m’obéir. Et ces ombres, autour de moi, ces ombres qui n’arrêtent pas de se mouvoir. Elles me dégoutent, elles me donnent le tournis. Qu’elles arrêtent. Ces tâches noires, ne sont que des formes ressemblant à des humains. C’est bien la première que je me sens mal à l’aise en présence d’ombres. Je pourrais facilement les faire disparaitre, mais la force n’y est pas et je crois que je suis encore trop étourdi pour pouvoir me concentrer. Puis je sens une odeur. Cette odeur que je connais tellement, celle avec laquelle je joue, celle avec laquelle j’ai grandi, cette odeur de fer aux premiers abords et qui peut se faire lourd et écœurante lorsqu’elle s’accumule. Mais moi, elle ne m’écœure pas. Au contraire, je crois qu’à force de la fréquenter, je m’y suis habitué. Maintenant, elle serait plus comme l’odeur de la personne que l’on aime, cette odeur à laquelle on est drogué. On veut toujours la sentir, s’enivrer complètement de cette odeur, qu’elle ne fasse plus qu’un avec soi-même. Ça peut devenir facilement malsain, surtout lorsque cette odeur n’est autre que celle du sang. Ça doit être ça, oui, Ahn Kyuseong est amoureux, amoureux de ces corps qui lui offrent 5 litres de ce liquide si vital, si pur, si beau, cette couleur écarlate, tellement représentante de la mort comme de la vie. En même temps, ces deux-là sont très proches. On ne peut pas avoir de mort sans avoir de vie et à chaque vie une mort est liée. Je pensais que la mienne venait de se terminer, dans ce terrain d’entrainement en extérieur, mais apparemment, non. Mon épaule souffrante me rappelle que je suis toujours de ce monde, que je vie, que je peux ressentir les choses, bien que ce soit encore faible, mes sens reviennent à moi peu à peu. Je suis soulagé, oui. Je joue tellement souvent avec la mort que cette dernière ne m’effraie plus. Il y a bien longtemps que j’ai oublié cette peur de ne pas pouvoir se réveiller du jour au lendemain. Mais, je sais que même si je dis ça, je suis accroché à la vie. C’est bien pour cela d’ailleurs que je mettais tellement de rage quand j’étais gamin, ce sentiment tellement fort qui me permettait de me battre pour survivre.
Je peux les entendre, ils crient les uns sur les autres, donnant des ordres me concernant. Ils tiennent tellement à me maintenir en vie, je ne dois pas mourir, je suis trop précieux. Malgré mon état, cette pensée arrive à m’arracher un sourire, faible, mais qui apparait sur mon visage meurtri. Ils remarquent alors que je commence à prendre conscience. Ils me disent de ne pas bouger. Qu’ils sont bêtes. Si je le pouvais, je serais parti depuis un bon moment déjà. Si je reste là, à me laisser soigner c’est bien parce que je suis incapable de faire le moindre mouvement. Ils sont en train de m’opérer… Sans m’avoir endormi avant, comme cela, méthode de Kratos. Je souffre encore, me demandant combien de temps je vais encore tenir avant de cette fois vraiment lâcher. Mon organe vital ne devrait pas tenir aussi longtemps avec de telles douleurs. Il est à la hauteur de son porteur. En fait, je me demande s’ils me soignent vraiment. On dirait qu’ils me torturent un peu plus, qu’ils aggravent ces blessures déjà importantes et moi, faible que je suis, je les laisse faire. D’ailleurs, je me sens retomber. La lumière si dérageante se met à disparaitre peu à peu en même temps que toutes ces silhouettes, ces sons et ces odeurs. Et je replonge totalement dans le noir, le vide.

Je pensais de nouveau, avoir succombé, mais mon réveil me prouva le contraire. Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient mais au moins assez pour qu’ils referment mes blessures et me couvrent de bandages blanc, dont certains avaient déjà pris une teinte rouge. Mes sens mettent moins de temps pour revenir complètement. Je peux voir les formes, les contours, les couleurs. Tout est net, bien que ça bouge un peu, mais au moins, il y a eu du progrès depuis mon précédent réveil. Je n’entends pas un son par contre, mais cela doit être dû au fait que je suis seul. D’ailleurs, je ne suis pas dans la même salle, non. Je reconnais cette petite chaise qui me sert de table de chevet avec mon portable posé dessus. Moi qui pensais l’avoir oublié dans la salle d’entrainement avant mon entrevue avec cette fille. Mais ce n’est pas ce petit objet plein d’ondes malsaines pour la tête qui est le plus important. Je suis là, dans ce placard qui représente ma chambre, sur ce matelas pire que confortable. Je crois qu’ils m’ont jetés ici, comme on jette un sac poubelle dans une benne à ordure. En même temps, une fois hors de danger, je ne les intéresse plus. Je dois juste récupérer pour être de nouveau opérationnel. D’ailleurs, pour cela, je remercie les Kratos car, grâce à tout ce qu’ils nous font subir, je dois bien avouer que mon corps est plus résistant et se rétabli plus vite.
J’essaye de faire le vide, de me reposer afin d’être complètement remis de ces blessures gênantes mais je n’y arrive pas. Cette fille, cette Jae Lin, celle en qui habite ce monstre qui a failli arracher ma vie. Pourquoi reste-t-elle dans ma tête ? Pourquoi cherche-t-elle à ce point à m’énerver ? D’ailleurs, je n’avais toujours pas de réponse. Etait-t-elle morte ? Avait-t-elle succombée à ma dernière attaque qui m’avait vidé de mes forces vitales ? Je veux savoir, il faut que je vérifie. Je me relève, tenant mon épaule d’une main afin d’atténuer la douleur qui est déjà bien faible par rapport au moment où cette garce m’a troué le corps. Tout se passe lentement, je reste quelques minutes assis au bord de cette surface pas assez molle pour être appelée ‘matelas’ et une fois que ma tête arrête de tourner, je me lève enfin et sors de cette pièce crasseuse non sans avoir enfilé un pull à capuche afin de cacher tous ses bandages qui pourraient me faire passer pour faible. Devrais-je aller dans les laboratoires afin de vérifier s’ils ne sont pas en train de décortiquer son corps dépourvu de vie ? Ou devrais-je aller dans cette salle glauque ou j’ai moi-même été soigné ? Enfin, je dis ça, mais j’ai dû être dans un de ces laboratoires aux murs blancs qui attaquent les yeux. Une salle pour les soins ? Ici ? Ce serait trop beau.

Je marche, dans ces couloirs interminables, ne sachant pas où je vais ni même si je suis dans la bonne direction. Mes recherches peuvent être tout simplement vaines, ils auraient pu s’être débarrassés de son corps, dans un simple sac poubelle qu’ils jetteraient dehors. Quel triste sort. Je prends appuie contre le mur, commençant la fatigue arriver. Déjà. Je marche lentement, je me tiens au mur. Mais c’est que tu es bien faible Kyuseong. Heureusement que cet endroit est vide, heureusement que personne ne me voit dans cet état car sinon ça aurait été la dernière chose qu’il aurait vu de sa misérable vie. Un cri arrive cependant à déchirer ce silence angoissant. Un cri de souffrance, mais pas comme je peux en recevoir de la part de mes victimes. Une souffrance qui se transforme en rage. Oui, j’entends un hurlement de rage. Je ne saurais reconnaitre la voix, tellement celle-ci est déformée et puis peut-être que c’est juste une personne qui doit être en train de pester contre des scientifiques. Je vais tout de même voir, la pièce d’où ses bruits effrayants –pour d’autre- proviennent. Après tout, c’est sur mon chemin.

J’arrive dans la pièce, et c’est surpris que je découvre la seule personne présente. Oui, je la connais et plutôt bien pour avoir manqué d’être tué par l’entité qu’elle cache en elle et aussi pour lui avoir rendu la pareille. Elle n’était pas morte, non. Je ne savais pas comme me sentir. Soulagé ? Triste ? Déçu ? En colère ? Non, je ne pouvais pas me dire qu’elle était en vie et que c’était pour le mieux. Non. Comment peut-elle me faire sentir ça ? Elle devait être morte, MORTE ! C’est alors que je m’avance d’un pas décidé vers cette chose. Cette pauvre bête attachée, prisonnière de cette salle miteuse. Je me demande bien qui la mise dans cet état. Je souris sadiquement en pensant que je pourrais sympathiser avec cette personne… Sympathiser. On va dire ça, oui.

Elle murmure mon prénom. Me faisant arrêter tout mouvement. Elle est pourtant dos à moi, elle n’est pas censée voir mon visage. S’est-elle entichée de moi à ce point ? Pauvre folle. Je la contourne et lui fait fasse. Oui, c’est elle, Jae Lin. Cette pauvre crétine qui a manqué de mourir de ma main, m’emportant avec elle. Elle semble surprise. Pourquoi ? Serait-ce le fait que j’ai l’air de bien me tenir malgré les blessures ? Je pose un genou par terre, me mettant à sa hauteur et viens effleurer sa joue.

« Pauvre petit chose enchainée ici. Mais c’est bien là tout ce que tu mérites, monstre… »

Je n’ai pas le temps de continuer mon monologue qu’elle murmure une phrase, une simple phrase composée de très peu de mots qui vient m’agresser les oreilles. Pardon ? PARDON ? Elle pensait que j’étais mort ? Ce n’est même plus de la folie là. Imbécile. Petit animal crétin. Je devrais peut-être arrêter de l’insulter, surtout si ça ne reste que dans ma tête. Je me relève brusquement, manquant de la pousser au passage. Mais pour qui elle se prend ? Parce qu’elle abrite l’Hybris il faut qu’elle croie qu’elle puisse me tuer ? MOI ?

« … Et en plus tu es assez bête pour croire que toi et l’Hybris aient réussis à me tuer. Décidément tu régresses. Dommage pour toi, n’est-ce pas ? Je suis toujours là, toujours présent pour te faire souffrir. »

Je regarde ses sangles, ces choses qui la retiennent à terre. Ce n’est pas drôle, elle est trop soumise. J’aperçois ce qui me semble être un scalpel un peu plus loin. Je m’en empare, et toujours lentement retourne vers la demoiselle. Je coupe d’un coup net ses sangles et la libère. Qu’elle ne pense pas que je fasse cela par sympathie. En aucune façon je pourrais être sympathique avec elle. Je la hais pour avoir pu penser que j’ai eu assez de faiblesse pour succomber sous sa main, mais même avant ça. Je la hais pour m’avoir vu complètement déboussolé, en larme… PLUS JAMAIS.
Je la regarde de haut, appréciant le fait que je sois dominant.

« J’espère que tu n’as pas eu trop mal à ton réveil. Ah… et L’hybris te passe le bonjour. »
Revenir en haut Aller en bas
Park Jae Lin
KATHARSIS ▲ DELTA
avatar
Age : 21 ans
Pouvoir : La Moïra
Pseudo : Aloysia
Messages : 74
Date d'inscription : 23/09/2012

MessageSujet: Re: Renaissance Lun 3 Déc - 22:34

Je ne peux pas y croire. Ça ne peut pas être vrai. Il y a quelques secondes mon corps se déchirait à l’idée d’avoir tué cet homme et le voilà, mal en point mais bien vivant devant mes yeux. Il s’agenouille, se met à ma hauteur, caresse ma joue. Ce contact me rappelle que ce ne peut être que sa main. Lui seul peut me faire frissonner à la fois de dégoût et d'un certain bien-être. Il me nargue me traite de monstre. Mais ça ne peut pas suffire à me sortir de ma léthargie. Mes yeux ne peuvent y croire. Je n'ai pas rêvé. Jin me l'a dit très clairement. Il m'a dit que ma main l'avait tué. Par quelle sorte de miracle peut-il être là ? Un mensonge de Jin ? Je ne saisis pas bien le profit qu'un tel mensonge aurait pu lui apporter. Suis-je folle alors ?
Non. Je ne suis pas folle. J'entends ses paroles amères me narguer de toute leur autosuffisance. Comme si le simple fait d'être en vie constituait à ses yeux une victoire. Mais quelle gloire peut-il tirer à se moquer ainsi de moi, à menacer de me faire souffrir ? Je me fige réalisant soudain que mon tuteur s'est bien payé ma tête et que je n'ai pas finit d'entendre Kyuseong se pavaner. Mon visage reprend doucement son habituelle expression froide et indifférente. Nos yeux se croisent et je devine aisément que le retour de mon calme ne lui plaît pas. Je le vois se relever, partir au travers de la pièce, attraper un objet. Un scalpel. Mes muscles se tendent. Qu'est-ce qu'il croit être en train de faire ce cinglé? Je me pars déjà à l'éventualité d'une blessure, mais la seconde qui suit son retour ce n'est pas sur ma peau mais sur mes liens qu'il fait glisser le tranchant de la lame. Je le regarde faire, abasourdie. J'étais à sa merci, totalement soumise à sa volonté de me faire souffrir, pourquoi me libérer? Tout son manège me saoule, j'en ai assez de me poser tant de questions sans obtenir la moindre esquisse de réponse. Il se relève, me scrute de toute sa hauteur comme on regarderait un animal au fond de sa cage. Ça me dégoutte, mais pas autant que de l'entendre me dire de cette voix hypocrite qu'il espère que mon réveil n'a pas été trop douloureux. Je ne réponds pas, ça lui ferait trop plaisir. De toute façon, même si je devais lui répondre, hors de question de lui révéler ma souffrance. Quitte à passer pour un monstre autant jouer le jeu jusqu'au bout. Il me passe un message de l'Hybris qui semble-t-il me salue. Ça y est, mes élans de haine me reprenne.
Je me relève, le scrute avec tout le mépris dont je puis faire preuve.


- « Puisque vous avez apparemment partagés un bon moment tous les deux, dis lui de ne pas te rater la prochaine fois ! »

Jetant les lambeaux de mes sangles à terre je m'apprête à quitter la pièce lorsque je sens la main de Kyuseong enserrer mes poignets meurtris de toute sa force. Merde, ce que ce mec peut m'agacer: pourquoi l'Hybris ne l'a-t-elle pas achevé ?! Je secoue la tête... Vraiment, il faudra qu'un jour je parvienne à distinguer ce que je veux vraiment. Soit je le veux mort, soit je le veux vivant. Rien ne sert de souhaiter qu'il crève si c'est pour me tourmenter comme je l'ai fait plus tôt ensuite. Heureusement qu'il ne peut pas avoir la moindre idée de la culpabilité et de l'émotion qui m'a envahie quelques heures plus tôt, j'en mourrai tout bonnement de honte.
Nos yeux se retrouvent, il ne dit rien. Quand je le regarde ainsi en silence, ma colère se dissipe. Quand il ne profère pas son fiel à tout va, mon animosité envers lui me quitte. J'aimerai que le temps s'arrête lors de ces rares moments, juste assez pour me laisser comprendre ce qu'il peut bien être pour moi. Tantôt un ennemi, tantôt une cible, et parfois même...
Mes lèvres s'entrouvrent, je n'arrive pas à sortir le moindre son.
Je me sers alors de la force qu'il met dans sa poigne pour le tirer vers moi. Une seconde il perd l'équilibre, me laissant entrevoir que comme moi, il ne va pas si bien qu'il veut bien le laisser croire. Son semblant de chute le pousse un peu plus contre moi, et l'instant d'après mon bras non tenu vient s'enrouler autour de son cou. La chaleur de son corps contre le mien contraste à la douleur de mon flanc qui vient de se réveiller vivement. Je m'en moque. Quand il ne dit rien, quand nous nous trouvons ainsi et si proche, j'ai le sentiment de me transformer en une coquille vide, comme si mon esprit se vidait pour prendre un nouveau départ. A tout moment il peut me faire du mal, me tuer, me torturer, mais j'y trouve plus de plaisir sous sa main que sous celle de l'autre. Mon entretien avec Jin quelques heures plus tôt l'a prouvé : Alors que les mains du Kratos qui me sert de tuteur m'affligeait, tandis que ses lèvres forçaient les miennes, je n'avait que lui en tête.
Je le sens se tendre, et alors qu'un murmure mécontent sort d'entre ses lèvres, tout prêt à répliquer, je cri d'un ton des plus autoritaires.


« La ferme !! »

Je ne pense pas que cela ait pu l'intimider, mais au moins, il se tait de nouveau. Mon bras le presse un peu plus fort contre moi : plus j'intensifie le contact, plus ma blessure se réveille. Je dois lui paraître bien minable à chercher ainsi sa présence, mais je m'en fout. Quand je suis comme ça, j'oublie les tortures et les vices de Jin. J'oublie ma douleur de l'avoir cru mort. Je jubile à l'idée de pouvoir le blesser à nouveau, à l'idée de pouvoir toujours lui dire l'inverse de ce que je ressens. J'aime l'aspect pitoyable de ce jeu, je ne peux rien y faire. Soudain, je sens sa main sur mon poignet qui se desserre. Il me tient toujours, mais sans plus de brutalité. Je lève le bras, quittant sa main pour analyser l'importance des marques qu'ont laissé mes liens. Lui aussi les regarde. Je n'arrive pas à imaginer ce qu'il en pense. J'ai l'impression que ça m'est égal. Ce n'est sans doute pas totalement vrai...
Ma voix se transforme en un murmure las, fatigué.


« Peu importe pourquoi tu l'as fais... Merci de m'avoir détachée. »

Je m'écarte enfin de lui, fronce les sourcils et me crispe. Merde, je suis presque certaine que ma blessure s'est rouverte. Je jette un regard furtif en direction du lit métallique théâtre de mon calvaire, puis me reporte vers Kyuseong. Je ne sais même pas pourquoi je lui dis ça alors que ça n'a aucun intérêt ni pour lui, ni pour moi. Peut-être est-ce que j'espère le garder encore un peu à mes côtés...


« Je dois partir »

Non, impossible. Je ne suis sans doute ni assez folle, ni aussi pitoyable pour vouloir une chose pareille. La seconde qui suit, quelques gouttes de sang viennent rouler le long de ma cuisse, faisant leur course jusqu'à mon mollet, ma cheville, pour enfin trouver le sol. Par pitié, faites qu'il ne baisse pas les yeux pour le voir.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Renaissance

Revenir en haut Aller en bas

Renaissance

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
• ㄨ KATHARSIS ㄨ • :: KATHARSIS ✗ :: AROUND THE CITY ✗ :: 
LE CAMP BETA
-